L’odorat chez Rabelais

  • The Sense of Smell in Rabelais’

DOI : 10.54563/bdba.1694

p. 31-44

Résumés

En tant que médecin, Rabelais est habitué à sentir et cet usage de l’odorat se retrouve dans ses romans. La perception olfactive est également un ressort fictionnel particulièrement attaché au personnage de Panurge. Ainsi, Gargantua, Pantagruel, le Tiers livre et le Quart Livre sont traversés de mauvaises odeurs, toutes signifiantes. Quant aux bonnes odeurs, leur présence est davantage associée aux ouvrages des humanistes, qui « fleurent bon ».

As a doctor, Rabelais would be called upon frequently to use his sense of smell, and evidence of this practice is to be found in his novels. Rabelais also draws on themes of olfactory perception to motor his fictions along, themes linked especially to the character of Panurge. Thus, unpleasant odours recur frequently throughout Gargantua, Pantagruel, the Third Book and the Fourth Book, and never without significance, while pleasant odours are associated more with humanist works – they literally « smell good ».

Plan

Texte

Quand on veut étudier les sens, et en particulier les « sens interdits » dans la littérature des xve et xvie siècles, le recours à Rabelais s’impose. En effet, en tant qu’humaniste et médecin, il puise dans le savoir de l’Antiquité tout en gardant un pied dans le Moyen Âge. Jean Larmat a ainsi intitulé sa thèse, Le Moyen Âge dans le Gargantua de Rabelais1. Il s’impose également si, parmi les cinq sens, on retient l’odorat. À la Renaissance, la vue est le sens privilégié2 : dans sa Cosmographie de Levant (1554) André Thevet citant Aristote, écrit que l’homme appette naturellement voir & à savoir3. Dans son Introduction à la France moderne (1500-1640)4, Robert Mandrou place l’ouïe en seconde position. On sait que ces deux sens sont nobles parce que, spirituels, ils font tendre vers le divin, alors que les trois autres, exclusivement liés au corps, rapprochent l’homme de l’animalité. Rabelais est l’écrivain du corps, choix qui explique les reproches d’obscénité qu’on lui a adressés à partir du xviie siècle, où l’on commence à se boucher le nez. Dans ses chroniques, l’odorat occupe une place importante, à différents niveaux, dans la diégèse, mais aussi, parfois, hors d’elle.

L’odorat en médecine

Les cinq livres de Rabelais relèvent en partie de l’épopée. Ce genre, on le sait, verse volontiers dans l’encyclopédie. Le médecin Rabelais, brièvement, perd ainsi de vue la fiction pour se livrer à des exposés sur des sujets divers. Parmi les médicaux, au chapitre 32 du Tiers Livre, il fait état de la disputation sur la matrice5. Il s’agit de savoir si c’est un « animal ». La parole est donnée au médecin Rondibilis, le double littéraire de Rondelet, l’anatomiste avec qui Rabelais s’est lié d’amitié quand il étudiait à Montpellier. Dans l’exposé savant qu’il fait à Panurge, révélateur de l’esprit du temps6, il s’oppose à Galien pour qui l’utérus n’a pas de mouvement autonome et ne discerne pas les odeurs. Or ce sont ces deux caractéristiques qui, aux yeux de Platon dans le Timée7, en font un zoon, un animal. En tant que tel, il est doté d’un sens olfactif. Dans son ouvrage Des maladies des femmes, Hippocrate recommande un remède, rabelaisien avant l’heure, pour soigner l’uterus : « on ouvre la bouche de la malade et on y verse un vin très parfumé. » On peut aussi « fai[re] une fumigation fétide pour le nez, aromatique pour la matrice8 ». Dans son Curandi methodus (1563), Rondelet affirme à son tour que l’utérus est sensible aux odeurs9. Naturellement, son double romanesque, Rondibilis, s’accorde avec lui :

Je le nomme animal, suyvant la doctrine tant des Academicques, que des Peripateticques. Car si mouvement propre est indice certain de chose animée, comme escript Aristoteles : et tout ce qui de soy se meut est dict animal : à bon droict Platon le nomme animal […]. Oultre plus, nous voyons en icellluy discretion des odeurs manifestes, et le sentent les femmes fuyr les puantes, suyvre les Aromaticques10.

Pour important que soit l’exposé « scientifique », il n’est cependant pas complètement détaché de l’intrigue. À Panurge qui lui demande s’il sera cocu ou non, Rondibilis, lui-même marié, répond par l’affirmative. Les considérations physiologiques ne sont pas autre chose qu’une justification de sa réponse. Ce membre tout nerveux et de vif sentement ébranle le corps des femmes et produit certaines humeurs salses, nitreuses, bauracineuses [âcres], mordicantes, lancinantes, chatouillantes amerement […]11. La physiologie explique l’hystérie et donc l’infidélité pour celles que la honte ne retient pas.

C’est là un cas particulier du rôle de l’odeur en médecine. En général, l’odorat est utilisé dans la pratique médicale. Rabelais est habitué à sentir. Au Moyen Âge comme à la Renaissance et comme déjà dans l’Antiquité, l’odorat est en effet un moyen de poser un diagnostic. L’odeur émise par les patients est un indicateur et on n’hésite pas à renifler les excréments après en avoir observé la couleur. Révélateur est le jeu de mots que l’on trouve dans l’épigramme 40 de Sannazar, dirigée contre un médecin de Picente, où le medicus devient un merdicus12, un « merdecin ». Dans la suite de l’entrevue avec Rondibilis, les excréments sont davantage liés au goût qu’à l’odorat, même si celui-ci est évidemment présent dans l’image choisie : Stercus et urina Medici sunt prandia prima13. Comme les moines brocardés au chapitre 40 du Gargantua, les médecins sont des mange-merde14. Le poème didactique médiéval, d’où ce vers est tiré, le Régime de santé de Salerne (Regimen sanitatis Salernitatum) s’arrêtait sur les inconvénients du métier de médecin. Aristophane traitait déjà Esculape de scatophage15. On est proche de l’« estronspiscine » dont, moqueur, parle Panurge au chapitre 25 du Tiers Livre, où il se qualifie lui-même de maschemerde16. Dès Hippocrate, l’odeur de l’urine est prise en compte, avec la vue, pour identifier les maladies17. Dans son De vanitate scientiarum (1526, publication 1531), Cornelius Agrippa brossait un portrait-charge des médecins renifleurs, avides d’argent :

[...] leur prattique [...] n’est que tout artifice vilain, rodans perpetuellement autour des pots de chambre, poëlles & puantes latrines des malades pour un petit de gaing, ressemblans à la huppe infame qui fait son nid dans l’excrement & fiente humaine. […] tout ainsi que les vautours encapuchonnés vollent aux charongnes, ainsi ceux cy ont bon nez sur tous les hommes pour sentir les excrements18.

C’est encore l’odorat qui aide à la guérison, au chapitre 33 de Pantagruel, quand il s’agit de soigner le géant, malade de l’estomac. Les auxiliaires médicaux – un serviteur et trois paysans – opèrent le patient qui ne peut plus manger – une catastrophe, dans l’univers rabelaisien. Pour venir à bout de cette occlusion intestinale, en guise de moyen désopilant – au sens propre et au sens figuré – il faut y aller à la pelle, en se protégeant des exhalaisons, mais en se guidant quand même à l’odeur :

Quand furent en l’estomach […] cheurent plus de demye lieue en un goulphre horrible, puant et infect plus que Mephitis, ny la palus Camarine, ny le punays lac de Sorbonne, duquel escript Strabo. Et n’eust esté qu’ilz estoient tresbien antidotez le cueur, l’estomach et le pot au vin (lequel on nomme la caboche), ilz feussent suffocquez et estainctz de ces vapeurs abhominables.

O quel parfum, o quel vaporement, pour embrener touretz de nez à jeunes gualoyses ! Aprés, en tactonnant et fleuretant aprocherent de la matiere fecale et des humeurs corrmpues. Finablement trouverent une montjoye d’ordure19.

L’énumération des adjectifs relatifs aux mauvaises odeurs – puant, infect, punays – se termine avec l’exclamation antiphrastique O quel parfum, qui n’est pas sans rappeler un autre corps obstrué, celui de la grand-mère du géant, Gargamelle : ô belle matière fecale que doivoit boursoufler en elle20 ! Le cas est un peu différent, il est vrai : la matière fécale dont il est question est d’abord celle des tripes ingérées, mais elles se transforment elles-mêmes en excréments. Surtout, l’examen du Pantagruel met en avant un élément absent du Gargantua : le risque mortel que les odeurs pestilentielles font courir aux autres, et non seulement à la personne infectée. La scène, qui se passe à l’intérieur du corps, est le reflet de ce qui se voit et se sent dans les villes où excréments, urines et autres déchets s’accumulent au milieu des rues et des jardins. Les égouts sont à ciel ouvert. Dès l’Antiquité grecque, suivant la théorie des miasmes de Galien, on pense que les exhalaisons sont responsables des fièvres, l’air étant vicié. Si les venelles et autres lieux urbains apportent des maladies, les marais et autres eaux stagnantes dégagent des vapeurs tout aussi toxiques. C’est le cas de la « palus Camarine » évoquée par Servius, quand il commente le livre III de l’Énéide (v. 700). Il insiste sur la pestilentia, la peste qui fut le résultat de l’assèchement : les terres remuées furent cause que la peste se mit dans la ville21. Érasme utilise l’expression movere Camarinam dans l’Éloge de la Folie22 : il faut « éviter de remuer [la] Camarine » c’est-à-dire de réveiller les théologiens. Rabelais utilise lui aussi le sens figuré pour s’attaquer à la Faculté de théologie qu’il transforme en punays lac. Pour ce faire, comme Érasme et comme Budé, il n’a qu’à modifier une seule lettre du lac Serbonis (ou Sirbonis), situé entre la Palestine et l’Égypte, mentionné par Strabon. La comparaison permet la critique. L’Université de Paris devient ainsi un immense cloaque.

La comparaison permet aussi la satire de la vie quotidienne dans sa dimension olfactive. Le « touret de nez » est un masque qui cache le nez. Il est défini, au chapitre 26 du Cinquième Livre, comme cache-laid que les anciens nomment chareté parce qu’il couvre en elles [les damoiselles] de pechez grande multitude23. Ici, il ne s’agit pas de demoiselles mais de jeunes gualoyses, autrement dit de joyeuses luronnes. Leur présence est synonyme d’apprêts, de délicatesse affectée, de séduction procurée par les parfums, le contraire même de la puanteur. Ces touretz de nez étant des loups, habituellement portés par les dames de condition, on peut considérer que la comédie sociale que jouent les filles de joie, qui se font passer pour ce qu’elles ne sont pas, trouve sa fin dans cette agression olfactive, jamais connue jusqu’alors : le néologisme vaporement est chargé de dire cette nouveauté. L’élégance est stoppée net par des remugles qui renvoient à la condition animale. Les belles manières, les grâces font l’objet d’un coup d’arrêt et provoquent le rire, selon le principe de la mécanique plaqué sur du vivant. De façon très rapide, Rabelais donne ainsi l’esquisse d’une scène de farce où de jolies jeunes femmes sont brutalement incommodées par des relents insupportables. C’est que l’odeur peut être un ressort romanesque et comique, comme on le voit avec les bons tours que joue Panurge ou dont il est lui-même la victime.

Odorat et ressort fictionnel

Panurge, les Turcs et la dame de Paris

Panurge est un maître de l’odeur, qualité qui lui permet de retourner les situations à son profit et d’en rire. Ainsi, le chapitre 14 du Pantagruel montre comment il eschappa de la main des Turcqs24. On sait qu’il est le narrateur de ce récit, mensonger. Les détails relatifs à l’odeur sont donc un choix de la part de cet expert en ruse qu’il est, à l’image d’Ulysse, parfois affabulateur lui aussi quand il raconte ses pérégrinations. Comme lui, il fait d’abord, ou plutôt il est censé faire, une expérience olfactive forte, dont il se souviendra plus tard pour agir. En effet, lors de ses aventures, l’homme aux mille tours se voit offrir par le prêtre d’Apollon, Maron, douze amphores de vin : « l’odeur montait si douce que c’en était divin25 ». C’est de ce vin rouge non coupé dont, prisonnier, il se servira pour soûler Polyphème et s’évader. Dans l’épisode turc, l’odeur vient au secours de l’infortuné Panurge, mais elle le met ensuite, pour peu de temps, en danger. Embroché comme un lapin, il est recouvert de lard. Lorsque le feu est mis, sentant jà la fumée de la rue où il se pourmenoit26 le propriétaire de la maison accourt et tue tout roidde le rôtisseur de Panurge. Alors que celui-ci sort de la ville en flammes, une foule de chiens accoure droit sur lui sentant l’odeur de [s]a paillarde chair demy rostie27. Pour ne pas être dévoré, de façon efficace, il jette au milieu de la meute en furie les lardons qui lui tiennent au corps. Leur odeur fait qu’ils se battent à belles dentz28.

Ce sont aussi des chiens, en très grand nombre, qui permettront à Panurge de se venger de la dame Parisiane au chapitre 22. Elle l’a en effet envoyé paître. Quand elle est à l’église, très bien habillée – la haulte dame porte peut-être un touret de nez –, il répand sur elle en divers lieux, et mesmement au repliz de ses manches et de sa robbe une potion qu’il a préparée. Il l’a réalisée avec les parties génitales d’une chienne en chaleur :

[…] tous les chiens qui estoient en l’eglise acoururent à ceste dame pour l’odeur des drogues que il avoit espandues sur elle, petitz et grands, gros et menuz, tous y venoient tirans le membre et la sentens et pissans partout sur elle : c’estoit la plus grande villanie du monde29.

L’efficacité du mauvais tour se voit dans l’effet de l’odeur sur les chiens, quels qu’ils soient (petiz et grands, gros et menus), et dans le détail physiologique qui est donné (tirans le membre). Cette odeur fédératrice permet de dégrader la dame qui faisait l’ange, et qui se retrouve à faire la bête. Alors qu’elle était au sommet de la féminité, vestue d’une tresbelle robbe de satin cramoysi, et d’une cotte de veloux blanc bien precieux30, elle devient une chienne. Lorsqu’elle s’enfuit, l’odeur continue à la pièger : par tout où elle passoit les chiens frays venus la suyvoient à la trasse, pissans par le chemin où ses robbes avoyent touché31. Comme dans l’épisode turc, où les chiens sont aussi gros et menutz, tous ensemble, leur nombre est considérable : plus de six, voire plus de treze cens et unze chiens32 dans un cas, plus de six cens mille et quatorze33 dans l’autre. On notera que, dans ces épisodes, l’odorat est lié à deux péchés capitaux, la gourmandise pour les Turcs, la luxure pour la dame de Paris. Panurge, qui voulait la couvrir de [s]a race34, agit par procuration. À la fin du chapitre 21, il lui a déclaré : je vous feray chevaucher aux chiens35. L’odorat lui a permis de réaliser sa vengeance.

Le rôtisseur et le faquin

Panurge n’est pas le seul personnage lié à l’odorat. Au chapitre 37 du Tiers Livre, un autre récit repose sur la ruse. Son intérêt est de faire intervenir aussi le goût, la vue et le toucher et de se rattacher non pas à la médecine antique, comme dans l’exposé de Rondibilis, mais au droit médiéval. Pantagruel raconte l’histoire du portefaix et du rôtisseur. Tous les entretiens que Panurge a eus avec des hommes sages ont échoué. Il ne sait toujours pas s’il sera cocu ou non. Il convient donc de se tourner vers un fol, c’est là le conseil de son ami géant. L’astuce du portefaix est racontée en quelques mots :

À Paris en la roustisserie du petit Chastelet, au davant de l’ouvrouoir d’un Roustisseur un Faquin mangeoit son pain à la fumée du roust, et le trouvoit ainsi perfumé grandement savoureux. Le Roustisseur le laissoit faire. En fin quand tout le pain feut baufré, le Roustisseur happe le Faquin au collet, et vouloit qu’il luy payast la fumée de son roust36.

L’odeur vient rehausser le goût. À l’astuce de l’innocent faquin qui améliore son ordinaire répond le caractère vicieux du rôtisseur à l’affût. Il attend que le pauvre homme ait terminé son maigre repas pour intervenir et demander le paiement de la fumée du rôt. Avant de rendre son jugement, Seigny Joan le fol, naïvement sollicité par le rôtisseur afin de condamner le faquin, demande une pièce à ce dernier. Pour une question d’odorat et de goût, il recourt au toucher en plaçant cette pièce sur son épaule gauche, cherchant à savoir si elle pèse assez. Il recourt ensuite à l’ouïe en la faisant tinter dans sa main, et, enfin, à la vue en la mettant sur son œil droit. Sa sentence équitable établit une équivalence entre l’immatérielle senteur du rôti et l’immatériel son rendu par la pièce d’argent. Le rôtisseur a été payé de ce son. Pietro Toldo remarque que beaucoup de canonistes ont reproduit, de façon plus succincte, cette historiette « connue au xve siècle de tous les étudiants in jure canonico37 ». Tiraqueau la reprend à son tour dans son De legibus connubialibus (X, 4)38. En introduisant l’histoire par l’expression « le cas est tel », Rabelais s’inscrit dans la continuité des traités de droit, en y ajoutant son talent de conteur. Mais si le fumet est une odeur subtile et agréable, en revanche, il existe des odeurs qui ne le sont pas, comme celle qui est liée à la peur.

L’odeur de la peur

Au chapitre 66 du Quart Livre, Panurge est effrayé par la réputation l’île de Ganabin, l’île des « larrons », et par la canonnade tirée depuis le navire où il se trouve. Il se réfugie dans la soute. Au chapitre suivant, il remonte sur le pont. C’est alors que l’odeur joue le rôle d’un révélateur psychologique. Il s’agit cette fois de lourdes émanations : Frere Jan à l’approcher sentoit je ne sçay quel odeur aultre que de la pouldre à canon. Dont il tira Panurge en place, et apperceut que sa chemise estoit toute foyreuse et embrenée de frays39. L’analyse faite par Henri Rey-Flaud, à propos du fabliau Le vilain ânier peut s’appliquer à ce passage : « l’odeur est ici le support le plus radical de l’altérité, la marque qui révèle le prochain dans une différence irréductible qui fait le fonds de son caractère insupportable40 ». Par sa couardise, Panurge est l’exact opposé du moine, qui se bouche le nez. Au contraire, à la fin du chapitre, Panurge se complaît dans son odeur dont il métamorphose l’origine :

Appellez-vous cecy foyre, bren, crottes, merde, fiant, dejection, matiere fécale, excrement, repaire, laisse, esmeut, fumée, estront, scybale, ou spyrathe ? C’est (croy-je) sapphran d’Hibernie. Ho, ho, hie. C’est sapphran d’Hibernie41 !

Comme l’ânier du fabliau, Panurge préfère aux fragrances subtiles des épices l’odeur des excréments. Il illustre l’adage d’Érasme, que Montaigne citera, en le modifiant légèrement, dans De l’art de conférer : Stercus42 cuique suum bene olet43. C’est là une manière de présenter la situation à son avantage, de nier sa peur. Mais on sait que le personnage ne répugne pas non plus à manipuler les excréments pour jouer de bons tours. Au chapitre 16 du Pantagruel, quand il rencontre quelques maîtres ès arts, il les persécute en leur mettant un estronc dedans leurs chaperons au bourlet44. Il s’amuse à confectionner une pâte faite d’estroncs tous chaulx et en recouvre le pavé. Dans le chapitre 49 du Quart Livre, un jeu de mots révèle son attirance pour les odeurs corporelles. À Homenaz qui demande aux compagnons de se confesser, il répond malicieusement : De cons fesser […] tresbien, nous consentons45. Le personnage prend soin de scinder en deux le verbe confesser pour préparer le trait, et il laisse à Homenaz et au lecteur le soin de faire la même opération pour le verbe consentons écrit en un seul mot.

Mais si Panurge considère les mauvaises odeurs comme bonnes, il est une exception. Chez Rabelais, le monde olfactif est bien partagé en deux catégories tranchées, d’un côté les mauvaises odeurs, de l’autre les bonnes. Elles sont également réparties entre les sexes, émanant du jeune Gargantua et d’une vieille46, relevant de la scatologie et la pornographie.

Les mauvaises odeurs

Une odeur d’enfance

On sait que, au chapitre 13 du Gargantua, c’est un torche-cul bien particulier qui permet à Grandgousier d’apprécier l’intelligence de son fils. L’énumération des différentes façons de s’essuyer est suivie de deux poèmes qui confortent l’émerveillement du père. Il y a d’abord une prosopopée des lieux d’aisances qui s’adressent aux fienteurs. Puis, est récité un rondeau :

En chiant l’autre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs,
L’odeur feut aultre que cuydois :
J’en feuz du tout empuanty47.

L’odeur domine en ce début de poème, pour créer un effet de surprise et déclencher le rire. C’est une catastrophe scatologique qui se joue entre les rimes embrassées. Le senty du premier vers est neutre, il laisse présager un déroulement calme de l’entreprise d’évacuation. Il s’agit de faire son devoir de propreté en toute tranquillité. C’est ce qu’indiquent les deux premiers vers. Mais c’est une odeur méphitique, qui s’abat méchamment sur le pauvre fienteur surpris. Le verbe senty du premier vers, qui comporte deux syllabes, s’efface donc devant l’imposant empuanty, de trois syllabes pour montrer la victoire de la pestilence.

L’odeur de la vieille

Dans le chapitre 15 du Pantagruel, la mauvaise odeur est liée à une femme âgée. Elle intervient dans une fable qui suit l’étonnant exposé sur la nouvelle façon de construire des murailles à Paris : entasser des sexes féminins. Le lien entre la fable et le discours de Panurge architecte est assuré par les mouches : C’est que les mousches en sont tant friandes que merveilles, et se y cueilleroyent facillement et y feroient leur ordure […]48. Le remède est de chasser ces mouches, qu’attirent les odeurs fortes. Par association d’idées vient alors à l’esprit de Panurge une fable tirée d’un ouvrage qui ne déparerait pas la bibliothèque de l’Abbaye de Saint-Victor, De compotationibus mendicantium49 (c’est dire le sérieux de l’histoire !) : un lion voyant une vieille sempiterneuse à la renverse prend son comment a nom pour une grande blessure. Le renard est sollicité pour l’éventer de sa queue et chasser les importuns insectes. C’est alors un festival d’odeurs nauséabondes : Le pauvre regnard esmouchoit fort bien et deçà et delà et dedans et dehors : mais la faulse vieille vesnoit et vessoit puant comme cent diables50. Le sens de l’adjectif faulse est « sournoise, trompeuse ». C’est un vent d’humour qui souffle ici : comme Panurge – qui apprécie l’histoire qu’il raconte –, cette vieille aime jouer des tours, comme la Papefiguière dans le chapitre 47 du Quart Livre, qui dupe le petit diable en lui faisant croire que son callibistry est une blessure51. La vieille se plaît à empester le renard. Elle a d’abord éprouvé une grande peur quand elle a vu le lion, et elle est tombée. Elle se venge sournoisement des animaux qui, dans leur bêtise, ignorent la nature du sexe féminin et qui l’ont placée dans une situation fort gênante, offensant ainsi sa pudeur. La suite accentue le comique, en recourant d’abord aux gestes, puis à la parole (nous sommes au temps que les bestes parloyent) :

Le pauvre regnard estoit bien mal à son ayse : car il ne sçavoit de quel cousté se virer : pour evader le parfum des vesses de la vieille : et ainsi qu’il se tournoit, il veit que au derriere estoit encores un aultre pertuys, non si grand que celluy qu’il esmouchoit, dont luy venoit ce vent tant puant et infect […]. Le regnard l’[le lion] avisa : […] y a encores icy dessoubz un aultre petit pertuys, qui put comme cinq cens diables. J’en suis empoisonné de l’odeur, tant il est punays52.

On passe de cent diables, au début du récit, à cinq cents pour donner une idée de la puanteur extrême. La source responsable de l’odeur est finalement identifiée, innocentant ici le sexe féminin, contrairement au discours de Panurge architecte. Le passage permet de constater la préférence de Rabelais pour la scatologie, au détriment de la pornographie. Jeune, Gargantua jouait à pet en gueule53, parce qu’il n’avait pas encore appris la discipline corporelle et les codes de la vie en société. Les facéties olfactives relèvent de la gaieté que l’on trouve dans le théâtre médiéval. On pense, par exemple, à la Farce nouvelle et fort joyeuse du pect à quatre personaiges où l’avis du juge est sans appel : Et si faut-il que l’homme endure / Toute l’odeur et puanteur / De sa femme54. De façon convaincante, Romain Menini a rapproché l’épisode de plusieurs branches du Roman de Renart, en s’intéressant au pertuys punays : « il y a un vilain air de ressemblance qui rapproche la “vieille” de Rabelais […] de la dame Hersent qu’on trouve dans la branche III du Roman de Renart55 ».

Cette mauvaise odeur liée au corps est utilisée par Rabelais, de façon métaphorique, dans son combat humaniste contre les Sorbonagres et autres cagots, en particulier pour désigner des ouvrages qui sentent le vieux. Il convient de combattre une tradition sclérosée.

Une bibliothèque mal odorante

Dans le fameux catalogue de la bibliothèque de l’Abbaye de Saint-Victor, au chapitre VII du Pantagruel, les titres burlesques ont souvent une dimension satirique. Dans cette profusion, quelques-uns retiennent l’attention pour leur dimension olfactive, soit suggérée, soit évidente.

Le premier est l’Ars honeste pettandi in societate : per M[agistrum] Ortuinum. Ce Maître est Hardouin de Graës, théologien scolastique (de Cologne), un ennemi d’Érasme, qui avait voulu faire condamner l’hébraïste Jean Reuchlin. Selon Le Duchat56, Rabelais est parti du titre d’un ouvrage réel de ce dominicain, le Fasciculus rerum expetendarum et fugiendarum. Les syllabes culus et peten sont la base de l’œuvre burlesque qu’il lui attribue. C’est là une façon de dégrader par le rire un adversaire des humanistes. Rabelais s’amuse probablement à lui attribuer une de ses propres œuvres. En effet, Claude La Charité a étudié un traité en latin intitulé Ars petandi in societate cum scholiis, publié à Lyon chez Sébastien Gryphe, en 1532, anonyme mais dont la page de titre comporte les trois lettres F.R.M., autrement dit Franciscus Rabelaesus Medicus57.

Dans la catégorie des livres moqués par Rabelais, parce qu’ils sentent mauvais, figure le Decrotatorium scholarium58, les enseignants étant réputés pour leur saleté. Tout aussi comique est le Tartaretus. De modo cacandi59. Tartaretus renvoie à Pierre Tateret, un théologien de la Sorbonne, commentateur d’Aristote, réputé pour ses subtilités scolastiques. Son nom est déformé pour jouer avec le verbe tarter, ʻaller à la selleʼ. L’odorat est plus directement sollicité avec Les Pétarrades des Bullistes, Copistes, Scripteurs, Abbréviateurs, Référendaires et dataires, compillées par Régis, autrement dit, les pets de la chancellerie pontificale (le substantif « pétarade » trouve chez Rabelais sa première occurrence). Enfin, la puanteur éclate avec Le Faguenat des Hespaignols supercoquelicanticqué par Frai Inigo. Le « faguenat » est une odeur fétide qui s’échappe des corps malpropres (le mot vient de « fouine »). Inigo désigne soit le médecin-grammairien Pierre d’Espagne (xiiie siècle), soit d’Ignace de Loyola.

Déjà, au chapitre V, Pantagruel dévalorisait les gloses médiévales, en particulier celle d’Accurse, en les présentant comme malodorantes. C’est l’esprit formaliste des annotations qu’avec Rabelais, Budé et Tiraqueau critiquaient. Le langage imagé vise les recueils de lois que sont les Pandectes et assimile les commentaires à la matière fécale :

Ainsi vint à Bourges, où estudia bien long temps, et proffita beaucoup en la faculté des loix.

Et disoit aulcunesfois que les livres des loix luy sembloient être une belle robbe d’or triumphante et precieuse à merveilles, qui feust brodée de merde, car, disoit il, au monde n’y a livres tant beaulx, tant aornés, tant elegans, comme sont les textes des Pandectes, mais la brodure d’iceulx, c’est assavoir la Glose de Accurse est tant salle, tant infame, et punaise, que ce n’est qu’ordure et villenie60.

Les trois adjectifs sale, infame et punais répondent à la première série méliorative beaulx, aornés, elegans. Les gloses d’Accurse sont d’ailleurs moquées grâce au catalogue de l’Abbaye de Saint-Victor. On y trouve un De bobelidandis glosse Accursiane baguenaudis61.

Des livres qui sentent bon

À l’inverse, les livres des humanistes sentent bon. Ainsi en va-t-il du livret d’où part la fiction du Gargantua. À la fin du premier chapitre, la généalogie de Gargantua est censée sortir d’un écrit trouvé dans un tombeau en bronze, alors qu’on faisait curer des fossés. Il est donc entouré d’odeurs nauséabondes, comme les Pandectes sont entourées d’ordure. En effet, sous un flacon se cache un gros, gras, grand, gris, joly, petit, moisy livret, plus, mais non mieulx sentent que roses62. Le parfum des roses figurant parmi les plus délicats, c’est là l’indice du caractère précieux du texte à découvrir.

Le livre de Rabelais est capiteux car il est associé au vin. Dans le prologue, le narrateur répond à un turlupin qui pourrait reprocher à ses écrits de ne pas sentir l’huile, symbole de travail. Il se présente alors en écrivain qui mange et boit. Il fait son propre éloge en s’attardant sur l’odeur et en convoquant l’Antiquité : L’odeur du vin, o combien plus est friant, riant, priant, plus celeste et delicieux que d’huille ! […] à Demosthenes fut reproché par un chagrin que ses oraisons sentoient comme la serpillere d’un ord et salle huillier63. Si l’odorat a un rôle actif, les autres sens, à l’exception de l’ouïe, ne sont pas oubliés dans ce prologue, comme on le voit dans le célèbre passage où le chien, la bête la plus philosophe du monde, rencontre un os à moelle :

[…] vous avez peu noter de quelle devotion il le guette : de quel soing il le guarde : de quel ferveur il le tient, de quelle prudence il l’entomme, : de quelle affection il le brise : et de quelle diligence il le sugce. […] À l’exemple d’icelluy, vous convient être saiges, pour fleurer sentir et estimer ces beaulx livres de haute gresse, legiers au prochaz : et hardiz à la rencontre. Puis par curieuse leçon et meditation frequente, rompre l’os, et sugcer la substantificque mouelle64.

Notes

1 J. Larmat, Le Moyen Âge dans le Gargantua de Rabelais, Paris, Les Belles Lettres, 1973 (Publications de la Faculté des lettres et sciences humaines de Nice, 12). Retour au texte

2 Cf. l’introduction du présent ouvrage, supra. Retour au texte

3 André Thevet, Cosmographie de Levant, éd. F. Lestringant, Genève, Droz, 1985 (Travaux d’Humanisme et Renaissance, 203), p. 13. Cf. J. J. Vellin, Rabelais et le théâtre du monde, Saligny, Lettres humanistes, 2008, p. 37. Retour au texte

4 R. Mandrou, Introduction à la France moderne. Essai de psychologie historique, 1500-1640, Paris, Albin Michel, 1998 (Bibliothèque de l’Évolution de l’humanité, 31) (1re éd., 1961), p. 76. Retour au texte

5 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. M. Huchon, Paris, Gallimard, 1994 (Bibliothèque de la Pléiade, 15), Tiers Livre, ch. XXXII, p. 454. Retour au texte

6 Le Tiers Livre paraît en 1546. On a remarqué que le dogme galénique est ébranlé après 1540 par Vésale et Michel Servet. Cf. R. Antonioli, La Médecine dans la vie et dans l’œuvre de François Rabelais, Thèse de Doctorat, Paris, Université Paris-Sorbonne, 1977, p. 55. Retour au texte

7 Platon, Œuvres complètes. Tome X. Timée, Critias, éd. A. Rivaud, Paris, Les Belles Lettres, 1925 (Collection des Universités de France. Série grecque – Budé, 30), 91c. Retour au texte

8 Hippocrate, Œuvres complètes, éd. É. Littré, 10 vol., Paris, J. R. Baillière, 1839-1861, t. 8, p. 314. Retour au texte

9 Guillaume Rondelet, Methodus curandorum omnium morborum corporis humani in tres libros distincta. De dignoscendis morbis. Febribus. Morbo Italico. De internis et externis. Pharmacopolarum officina, Lyon, Guillaume Rouillé, 1576 : Vienne, ÖNB, 70.Cc.79 : Fit etiam suffocatio ob gratos odores naribus attractos, ad quos uterus natura movetur (p. 581). Retour au texte

10 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Tiers Livre, ch. XXXII, p. 454. Discretion : ʻdiscernementʼ. Retour au texte

11 Ibid., p. 454. Retour au texte

12 Jacopo Sannazaro, Poemata ex antiquis editionibus accuratissime descipta, Venise, Bassani, 1782 : Ann Arbor, UMich, Special Coll. Libr., 858 S22 1782, p. 158. Retour au texte

13 « Excrément et urine sont les premiers mets du médecin » (François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Tiers Livre, ch. XXXIV, p. 460). Retour au texte

14 Ibid., Gargantua, ch. XL, p. 110. Retour au texte

15 Aristophane, Ploutos, dans Théâtre, trad. E. Talbot, 2 vol., Paris, Alphonse Lemerre, 1897, t. 2, p. 471. Retour au texte

16 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Tiers Livre, ch. XXV, p. 430. Retour au texte

17 Hippocrate, De l’art, dans Œuvres choisies, éd. Ch. Daremberg, Paris, Labé, 1855, p. 37 : « ce qui tient à leur odeur, à leur couleur, à leur degré de ténuité ou d’épaisseur, elle [la médecine] pèse toutes ces circonstances, et juge d’où ils viennent et de quelles parties souffrantes ou pouvant le devenir, elles sont signes ». Retour au texte

18 Cornelius Agrippa, Declamation sur l’incertitude, vanité et abus des sciences [Traduction du De vanitate scientiarum, par L. Turquet de Mayerne], [Genève], Louis Durand, 1582 : Paris, Bnf, Z 19077, ch. 83, p. 428-429. Retour au texte

19 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Pantagruel, ch. XXXIII, p. 335. Retour au texte

20 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Gargantua, ch. IV, p. 17. Retour au texte

21 Cf. Œuvres de François Rabelais, éd. A. Lefranc, 6 t. en 4 vol., Paris, Champion, 1913-1931, t. 4, p. 341, n. 29. Retour au texte

22 Érasme, Éloge de la folie, éd. P. de Nolhac, Paris, Garnier-Flammarion, 1964 (GF, 36) (1re éd., 1927), ch. 53, p. 63. Cf. Id, Les Adages, éd. J.-C. Saladin, 5 vol., Paris, Les Belles Lettres, 2011 (Le miroir des Humanistes, 12), t. 1, 64, p. 104. Retour au texte

23 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Cinquiesme Livre, ch. XXVI, p. 789. Retour au texte

24 Ibid., Pantagruel, ch. XIV, p. 262-267. Retour au texte

25 Homère, L’Odyssée, éd. V. Bérard, 3 vol., Paris, Les Belles Lettres, 1963-1967 (Collection des Universités de France. Série grecque – Budé, 24) (1re éd., 1927), t. 2, IX, 210. Retour au texte

26 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Pantagruel, ch. XIV, p. 264. Retour au texte

27 Ibid., p. 267. Retour au texte

28 Ibid. Retour au texte

29 Ibid., ch. XXII, p. 296. Retour au texte

30 Ibid., p. 295. Retour au texte

31 Ibid., p. 297. Retour au texte

32 Ibid., ch. XIV, p. 267. Retour au texte

33 Ibid., ch. XXII, p. 297. Retour au texte

34 Ibid., ch. XXI, p. 292. Retour au texte

35 Ibid., p. 295. Retour au texte

36 Ibid., Tiers Livre, ch. XXXVII, p. 469. Retour au texte

37 P. Toldo, « La fumée du rôti et la divination des signes », Revue des Études Rabelaisiennes, t. 1, 1903, p. 13-28 (cit. p. 13). Retour au texte

38 André Tiraqueau, De legibus connubialibus, et jure maritali, Paris, Jacques Kerver, 1546 : Madrid, BU Fac. Medicina, BH FLL 21521, fol. 98r. Cf. W.-F. Smith, « Tiraqueau et Rabelais et le conte de Seigny Joan », Revue des Études Rabelaisiennes, t. 5, 1907, p. 185-188. Retour au texte

39 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Tiers Livre, ch. XXXVII, p. 469. Retour au texte

40 H. Rey-Flaud, « Le vilain ânier », Littérature, t. 59, 1985, p. 85-91 (cit. p. 87). Henri Rey-Flaud cite Montaigne. Retour au texte

41 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Quart Livre, ch. LXVII, p. 701. Retour au texte

42 Érasme écrit crepitus. Retour au texte

43 « Pour chacun, ses excréments sentent bon » (Michel de Montaigne, Essais, éd. E. Naya, D. Reguig-Naya et A. Tarrête, 3 vol., Paris, Gallimard, 2009-2012 (Folio. Classique, 4893-4895), t. 3, ch. 8, p. 213). Retour au texte

44 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Pantagruel, ch. XVI, p. 273. Retour au texte

45 Ibid., Quart Livre, ch. XLIX, p. 653. Retour au texte

46 Sur cette égalité dans l’art de barytonner du cul, on peut encore citer le chapitre 43 du Quart Livre où l’on voit les hommes mourir en pétant, les femmes en vessant. Cf. ibid., ch. XLIII, p. 638-639. Retour au texte

47 Ibid., Gargantua, ch. XIII, p. 40. Retour au texte

48 Ibid., Pantagruel, ch. XV, p. 269. Retour au texte

49 « Des beuveries des mendiants ». Retour au texte

50 Ibid., p. 269. Retour au texte

51 Ibid., Quart Livre, ch. XLVII, p. 647-648. Retour au texte

52 Ibid., Pantagruel, ch. XV, p. 271. Retour au texte

53 Ibid., Gargantua, ch. XXII, p. 62. Retour au texte

54 E. L. N. Viollet le Duc, Ancien théâtre françois ou collection des ouvrages dramatiques les plus remarquables depuis les mystères jusqu’à Corneille, 10 vol., Paris, Jannet, 1854-1857 (Bibliothèque elzévirienne), t. 1, p. 105, v. 195-197. Retour au texte

55 R. Menini, « Le dernier mot du Pantagruel : Rabelais à Maupertuis », Revue d’Histoire Littéraire de la France, 2009/3, t. 109, p. 515-539 (cit. p. 524). Retour au texte

56 Œuvres de maître François Rabelais, avec des remarques historiques et critiques de M. Le Duchat, 3 vol., Amsterdam, Jean-Frédéric Bernard, 1741 : Paris, BnF, FB-11117-11119, t. 1, Pantagruel, livre II, ch. VII, p. 223. Retour au texte

57 Cl. La Charité, « Rabelais et l’art de péter honnêtement en société », Contre-jour, t. 6, 2008, p. 111-124 (p. 116). Retour au texte

58 « Le décrottoir des professeurs ». Retour au texte

59 « Tartinet : Comment chier ? ». Retour au texte

60 François Rabelais, Œuvres complètes, éd. cit., Pantagruel, ch. V, p. 231. Retour au texte

61 « Les remèdes aux stupidités de la glose d’Accurse ». Retour au texte

62 Ibid., Gargantua, ch. II, p. 10. Retour au texte

63 Ibid., Prologue de l’Auteur, p. 7-8. Retour au texte

64 Ibid., p. 6-7. Retour au texte

Citer cet article

Référence papier

Jean-Claude Ternaux, « L’odorat chez Rabelais », Bien Dire et Bien Aprandre, 37 | 2022, 31-44.

Référence électronique

Jean-Claude Ternaux, « L’odorat chez Rabelais », Bien Dire et Bien Aprandre [En ligne], 37 | 2022, mis en ligne le 10 octobre 2023, consulté le 16 juin 2024. URL : http://www.peren-revues.fr/bien-dire-et-bien-aprandre/1694

Auteur

Jean-Claude Ternaux

Université d’Avignon, n, EA 4277 – ICTT – Laboratoire Identité Culturelle, Textes et Théâtralité

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