Monter sur les planches entre les barbelés : les décors de théâtre de Septfonds (Tarn-et-Garonne)

DOI : 10.54563/demeter.425

Résumés

La commune de Septfonds (Tarn‑et‑Garonne) conserve un ensemble de 32 panneaux peints à la gouache sur papier kraft, qui ont servi de décors de théâtre. Protégés en 2017 au titre des Monuments Historiques, leur état sanitaire inquiétant a conduit la commune à diligenter une étude diagnostique en vue d’une conservation puis d’une restauration. À cette occasion, il est apparu nécessaire de se pencher sur leur histoire et sur leurs liens avec le camp d’internement de Septfonds, ainsi qu’avec certains artistes détenus, dont Gert Wollheim.

The municipality of Septfonds (Tarn‑et‑Garonne) retains a set of 32 painted panels on kraft paper, which served as theatre sets. Protected in 2017 under Historic Monuments, their worrying health condition led the municipality to carry out a diagnostic study with a view to conservation and restoration. On this occasion, it appeared necessary to examine their history and their links with the Septfonds internment camp, as well as with some detained artists, including Gert Wollheim.

Index

Mots-clés

théâtre, Wollheim (Gert), camp, Septfonds, internement

Plan

Texte

Remerciements : Margot Nicolle, de la mairie de Septfonds, pour son aide précieuse au cours de cette enquête ; Jean-Marc Labarta, fin connaisseur de l’histoire du camp, qui nous a gracieusement accordé la reproduction de trois œuvres de sa collection particulière ; Eric Ouley, restaurateur, qui nous a autorisé à diffuser certaines photographies tirées de son étude.

Introduction

Septfonds est un bourg d’un peu plus de 2000 habitants, situé en Tarn‑et‑Garonne, dans le Quercy blanc. Le village connut à partir du milieu du xixe siècle un essor économique sans précédent avec le développement progressif de l’industrie du chapeau de paille. En 1939, les autorités militaires et administratives du département le choisirent comme commune d’accueil d’un camp d’internement de soldats républicains espagnols fuyant l’avancée des troupes franquistes suite à la chute de Barcelone. Le passage d’un certain nombre d’artistes par ce camp, est à l’origine d’une série d’œuvres aujourd’hui propriété de la commune1. Celle‑ci conserve en particulier un ensemble de décors de théâtre peints à la gouache sur papier kraft. Réputés provenir du camp, ils furent découverts à la fin des années 90 par l’association « Les Amis de Septfonds » dans un local au‑dessus de la scène du théâtre Le Florida. L’exposition de certains d’entre eux dans les années suivant leur découverte, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, donna lieu à plusieurs attributions hypothétiques. Une première les relie à des artistes espagnols réfugiés du camp de Judes, une autre à un artiste allemand du même camp, Gert Heinrich Wollheim. D’autres avancent l’hypothèse d’une troupe de théâtre locale. C’est sur la base d’un lien probable avec l’histoire du camp d’internement, et d’une paternité potentielle d’un artiste allemand juif d’envergure internationale comme Wollheim, que l’ensemble des décors fut présenté en commission départementale des objets mobiliers, aboutissant à son inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 17 janvier 2017. Soucieuse de préserver ce patrimoine original, la municipalité a sollicité l’aide de la drac pour envisager la sauvegarde de ces fragiles décors jusqu’alors entreposés dans une usine désaffectée. Une étude diagnostique a été menée durant l’année 2020. Confiée à Eric Ouley, restaurateur spécialisé dans les arts graphiques, elle avait pour but d’évaluer l’état de l’ensemble, d’obtenir des préconisations pour sa conservation et son stockage à long terme, mais aussi d’envisager la restauration de certains décors. Dans la perspective de plusieurs prêts pour des expositions, il est apparu nécessaire de poursuivre les investigations afin d’éclaircir autant que possible le contexte de création de ces décors.

Onze décors : un même contexte, une même main ?

L’ensemble conservé comprend trente‑deux éléments formant onze décors [Figure 1.] : onze grands formats (380 x 430 cm) de fond de scène et vingt-et-un petits (340 x 120 cm) destinés à encadrer les plus grands. Tous sont peints à la gouache sur un papier kraft brun, selon un assemblage de quatre ou cinq lés verticaux à joints couvrants pour les grands formats, et d’un seul pour les petits. Les bords supérieur et inférieur de chaque décor sont pincés et cloués entre deux tasseaux de bois de résineux, la barre supérieure dotée de pitons pour l’accroche, la barre inférieure assurant la mise en tension du panneau [Figure 2.]. Les onze grands formats représentent des paysages variés : bord de mer, chaîne de montagnes, campagne vallonnée, bois, désert ou des scènes d’intérieur : chalet ou cabane, château, chaumière, intérieur de palais. Parmi ces derniers, quatre présentent une découpe centrale matérialisant une porte, par laquelle devaient probablement circuler les acteurs. Un onzième décor représentant un mur délabré se trouve un peu à part. Plusieurs font penser aux paysages tarn-et-garonnais et au village de Septfonds, tels le décor n° 3 et les décors n° 9 et 10. Ces deux derniers semblent former une paire, l’un montrant l’extérieur d’une maison, l’autre son intérieur. Des détails évoquent bien les petites maisons quercynoises [Figure. 3] : la treille qui orne la façade ou les pièces de faïence décoratives bleue et blanche (décor n° 10) qui rappellent l’importance de ce type de production dans le département, à Montauban, Auvillar ou encore Ardus.

Figure 1.

Figure 1.

Photographies Jean‑François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 2.

Figure 2.

Détail du système d’accrochage par tasseau de bois.

Photographie Eric Ouley, 2020.

Figure 3.

Figure 3.

L’avenue de Caussade à Septfonds en 1908. Carte postale ancienne sur le site Delcampe.net.

L’exécution, à la gouache largement brossée, paraît bâclée. L’ensemble de la surface des panneaux n’est pas recouvert de manière égale et régulière. On note par endroits des superpositions de couches de peinture, tandis que d’autres zones sont davantage traitées en jus presque aquarellé, voire vierges. Pour autant, il convient de garder en tête la destination de ces décors, conçus pour être vus à distance, placés en fond de scène et sur les côtés, donc perçus en perspective et sous un éclairage indirect. Accessoires de la représentation, ils mettaient avant tout en valeur les comédiens et la pièce de théâtre. Un travail préparatoire préalable existe, comme en témoigne un panneau représentant un alignement de pots en terre au bord d’un balcon à peine ébauché [Figure. 4] probable esquisse du décor n° 1. Un détail surprend sur le grand format du décor n° 3 qui représente un paysage avec une rivière : sa partie basse est agrémentée de branches d’arbustes ficelées et cousues à même le papier, semblant figurer le haut d’une haie ou d’une clôture en barbelés [Figures. 5 et 20].

Figure 4.

Figure 4.

Décor petit format représentant un alignement de pots en terre, inachevé.

Photographie Eric Ouley, 2020.

Figure 5.

Figure 5.

Détail du branchage cousu en partie basse du décor n° 3.

Photographie Eric Ouley, 2020.

Figure 20.

Figure 20.

Décor n° 3.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

S’il est à première vue difficile d’y percevoir une unité stylistique, un examen attentif permet toutefois de constater que tous ces décors présentent pourtant des caractéristiques laissant supposer le travail d’un seul et même peintre. Au premier plan du décor n° 1, une balustrade à décor de faux marbre, avec quatre pots en terre garnis de plantes, renvoie probablement à une scène censée se dérouler sur une terrasse ou un balcon. L’arrière-plan offre au spectateur un large panorama sur une baie traitée en camaïeu de bleu, le ciel et la mer fusionnant, où croisent petits navires à voile blanche et gros bateaux de tourisme. Des villages aux maisons blanches et aux toits rouges blotties autour de leur église se dessinent sur la côte escarpée. La forme schématique des maisons et de l’église [Figure. 6] se retrouve dans les décors n° 3 [Figure. 7], 4 [Figure. 8], 6 [Figure. 9] et 10 [Figure. 10]. La menuiserie de la fenêtre et le traitement des pierres du mur du décor n° 10 sont autant de détails stylistiques que l’on retrouve dans le décor n° 8, figurant l’intérieur d’un château aux allures carcérales [Figures. 11 et 12). Seul le détail du paysage que l’on distingue entre les rideaux de la fenêtre du décor n° 9 permet de relier cette représentation quasi naïve d’un intérieur de maison au paysage de montagne grandiose du décor n° 4 [Figure. 13]. Ce dernier témoigne de la maîtrise technique de l’artiste offrant une perspective sur des monts enneigés, dans une palette subtile jouant sur un dégradé de bleu et sa couleur complémentaire, l’orange, que viennent relever des ombres violacées. Le même jeu de couleurs est observable dans le décor n° 5, évoquant un paysage désertique, aride, balayé par les vents et planté de cactus, dans lequel se distinguent au loin une cité aux maisons blanches et les colonnades d’un palais.

Figure 6.

Figure 6.

Détail du décor n° 1.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 7.

Figure 7.

Détail du décor n° 3.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 8.

Figure 8.

Détail du décor n° 4.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 9.

Figure 9.

Détail du décor n° 10.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 10.

Figure 10.

Détail du décor n° 6.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 11.

Figure 11.

Détail du décor n° 8.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 12.

Figure 12.

Détail du décor n° 10.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 13.

Figure 13.

Décor n° 4 dit « Suisse (montagnes) ».

Photographie Jean‑François Peiré, drac Occitanie, 2019.

De ces observations découle déjà un ensemble de constatations. Ces décors, de dimensions identiques, ont en commun une exécution sommaire sur des matériaux non pérennes voire de récupération : kraft, tasseaux de bois à l’état brut et de tailles inégales, branchages… Ils semblent avoir été exécutés dans des conditions difficiles ou du moins dans un contexte où la matière première manquait, rendant nécessaire l’exploitation du revers de certains panneaux. D’autre part, leur fragilité intrinsèque paraît incompatible avec une utilisation intense et répétée. Enfin, des ressemblances stylistiques et la récurrence de certains motifs plaident pour la paternité d’un même peintre dont la maîtrise technique est clairement perceptible dans les décors de paysages.

Les décors d’une troupe de théâtre ambulante ?

Une hypothèse rattache les décors à l’histoire d’un théâtre ambulant basé à Septfonds, la troupe Bouquet-Renard-Bernard. Née de la rencontre entre le couple Bouquet qui donnait des opérettes à Paris et les Renard, parisiens également, elle fut formée dans les années 1920. Par la suite, la famille Bernard la rejoignit. La troupe, active jusque dans les années 1970, semble s’être installée à Septfonds en raison de l’origine quercynoise de cette dernière. Elle répétait dans le village et jouait dans les environs une partie de l'année. Durant l’hiver, elle partait en tournée dans tous les sanatoriums de France.

Les décors retrouvés peuvent-ils avoir servi à la petite troupe ? La matérialité de ces décors laisse penser que non. En effet, la troupe Bouquet-Renard-Bernard se produisait devant des décors qu’elle exécutait elle-même et qui devaient être suffisamment solides pour supporter les manipulations incessantes et les transports dans toute la France. Mme Gilette Bernard, épouse du deuxième fils de la famille Bernard, se rappelle que son mari dans les années 1960 les peignait sur de la toile, fixée sur des châssis autoportants2. Or, les décors du Florida sont extrêmement fragiles, réalisés avec les moyens du bord. Mme Gilette Bernard, dont la famille possède encore quelques décors sur toiles, ne les a d’ailleurs pas reconnus. En l’état actuel des connaissances, cette idée ne semble donc pas à retenir.

Le camp de Septfonds, de l’internement des espagnols au gte 302

Une seconde hypothèse a rapidement été émise à la découverte des décors, à l’appui de quelques mémoires locales, les rattachant à un pan plus sombre du passé de Septfonds, sur lequel il est nécessaire de revenir pour en comprendre le contexte.

Le 27 février 1939, le lieu du futur camp d’internement est fixé : cinquante hectares de pâtures en rase campagne, au lieu-dit « le camp de Judes » ou « champ des Juifs ». Un ruisseau, le Daudou, borde l’espace, qui n’est distant de la gare de Borredon et de la ligne Toulouse‑Paris que de quelques kilomètres. Les quarante-quatre baraquements du camp, en tôle et planches, chacun permettant d’accueillir 350 hommes, sont construits durant le mois de mars. Le 20 mai 1939, le camp regroupe seize-mille-huit-cents hommes, gardés par un millier de soldats3. Des miradors et des barbelés entourent le site. Les conditions d’hygiène sont déplorables : un seul réservoir d’eau pour l’ensemble des prisonniers, des latrines, simples trous munis de tinettes en nombre insuffisant, des rats, de la vermine et un régime alimentaire qui engendrent des carences importantes. Malgré tout, la vie s’organise dans l’enceinte. Un barbier, une infirmerie, un service de courrier sont mis en place. Le docteur Tosquelles, éminent psychiatre catalan, lui-même détenu, développe un service médical et favorise la mise en place d’un micro avec plusieurs speakers, d’une équipe de football et même d’une harmonie. Parmi les prisonniers, certains d’entre eux – Bonaventure Trepat, Salvador Soria Zapater, Josep Ponti Musté et Josep Martì – mettent leur savoir-faire artistique au service du maire de Septfonds, en peignant des tableaux pour les 150 ans de la Révolution française ou encore en remerciant le curé de son soutien en représentant un impressionnant chemin de croix pour l’église. Le 1er avril 1940, le camp est dissous. Les Espagnols pour une petite partie repartent au-delà des Pyrénées. La majorité d’entre eux trouve du travail sur place ou aux alentours, s’enrôle dans la Légion étrangère ou dans les Régiments de Marche des Volontaires Étrangers (rvme).

Le camp de Septfonds est transformé en 1940 en centre d’hébergement d’aviateurs de l’armée polonaise reconstituée en exil puis devient un lieu de formation pour les volontaires étrangers intégrés dans les rvme en complément du camp de Barcarès (Pyrénées-Orientales). Après la défaite de la bataille de France, fin juin 1940, le camp de Septfonds est transformé en camp de rétention pour ces mêmes étrangers des rvme. Plusieurs centaines d’hommes attendent ainsi d’être démobilisés. Parmi eux, de nombreux Juifs dont la situation est la plus critique. Le 29 septembre 1940, une brochure clandestine de la moi (Main d’œuvre Immigrée) Unzer Wort (« Notre voix 4») titre « le scandale de Sept-Fonds [sic] » :

Les soldats juifs du camp de Sept-Fonds rapportent qu’ils ont été concentrés par le gouvernement français comme des assassins, des criminels, des justes bons à faire de la "chair à canon". Il ne suffit pas que quelques milliers d’entre eux soient tombés pour la France ; il faut que ceux qui ont survécu soient enfermés dans des camps de concentration ou des camps de travail5.

Joseph Ratz témoigne en 1945 : « L’armée a été démobilisée… Mais nous, nous restions toujours au camp, dévorés de puces et de punaises, tracassés par la pensée de nos familles et par celle de notre sombre avenir ». Le commandant Puaud, qui dirige le camp, tente d’obtenir des autorités de Vichy la démobilisation de l’ensemble des Volontaires Étrangers, y compris ceux qui ne possèdent ni foyer ni situation en France. Pour être démobilisé, il faut en effet fournir un certificat d’hébergement. Ainsi, Baruch Stolik est-il libéré le 26 août 1940, car un Monsieur Strauss, de Lyon, affirme lui donner asile6.

Pour ceux qui restent dans le camp, majoritairement des Juifs allemands, autrichiens ou sarrois, la situation se complique. Le 27 septembre 1940, le gouvernement de Vichy crée, dans le prolongement des Compagnies de Travailleurs Étrangers mises en place en septembre 1939, des structures pour les étrangers de 18 à 55 ans « en surnombre dans l’économie nationale7 » : les Groupes de Travailleurs Étrangers. Les personnes affectées à ces unités sont « les étrangers qui ne possèdent pas de ressources personnelles suffisantes pour subvenir en totalité à leur entretien, à celui des personnes normalement à leur charge ou qui ne reçoivent pas de moyens d’existence de leurs proches parents8 ». Ils ne reçoivent pas de salaires pour leur travail au sein des gte. À Septfonds, le gte 302 est constitué de réfugiés juifs, majoritairement autrichiens et allemands mais également de quelques Espagnols, et qualifié de « palestinien ». Le gte 302 compte en janvier 1941 une centaine de personnes9, chiffre porté à près de 250 en février 1942. Un rapport conservé aux archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence précise que ces gte « palestiniens » sont parfois composés d’Allemands non juifs qui, par peur d’être renvoyés en Allemagne ont préféré déclarer avoir trois grands‑parents d’origine juive. Ce même témoignage alerte sur le fait que ces groupes « palestiniens » s’avèrent être des « petits camps de concentration infernaux dont on ne sort pas10 ».

Créer en captivité : l’œuvre d’un artiste du gte 302 ?

Les conditions de vie dans le camp de Setpfonds s’avèrent très difficiles. Charles Weglein, détenu allemand qui s’est évadé en août 1942, témoigne des « baraquements infects, infestés de puces11 ». Le rabbin Kahlenberg, qui visite les lieux en avril 1942 écrit que la nourriture laisse à désirer12. Le manque de chaussures et de vêtements est souligné en février 194213. Le 8 avril 1942, Hans Ambos, âgé de 45 ans, ancien avocat et notaire de Berlin arrivé en France en mai 1940 depuis la Belgique, écrit : « je dois admettre que je souffre toujours d’une faim exceptionnellement tourmentante. Mon poids s’est diminué de plus de 30 kg depuis le 10 mai 194014 ». Pour autant, le régime de surveillance est plutôt léger : la journée, travail obligatoire mais le soir, quartier libre de six heures à neuf heures dans les limites de la commune de Septfonds. Ni sentinelle, ni poste de garde n’entoure le camp, seul un surveillant de semaine est d’astreinte la nuit15.

Le capitaine Prévôt, qui commande le camp, essaie avec les moyens qui lui sont assignés de rendre la situation morale et matérielle des membres du gte plus acceptable. Il a en effet créé une synagogue, une salle des fêtes, une bibliothèque et surtout mis en place une université populaire16. Il en a confié l’organisation à Richard Grunwald, natif de Cologne, lui-même ancien professeur dans une université populaire et membre du gte. Des cours de psychologie, d’économie, de langues, de musique, d’histoire de l’art et de littérature y sont dispensés pour tous par des détenus du camp. Le camp de Tombebouc (Lot-et-Garonne) compte lui une bibliothèque, une chorale et un orchestre17. Le capitaine Prévôt décide le 6 juin 1942 de mettre en place un spectacle pour la population de Septfonds et des environs, organisé par les membres du gte 302, pour – ironie du sort – subvenir aux besoins des prisonniers de guerre français en Allemagne. D’autres spectacles sont donnés, comme en témoigne un ancien interné du camp, Rolf Frank :

Sous l’impulsion de Willy, on avait créé une chorale et un groupe théâtral qui faisait la fierté de notre salaud de commandant, le capitaine Prévôt. Cela permettait à tout un groupe d’internés de répéter deux fois par semaine au lieu de travailler et même de donner des représentations au dehors. Ainsi, nous avons présenté un spectacle à Montauban, surtout à Toulouse, au Capitole, où, après le passage du Cadre Noir de Saumur, nous étions déguisés en troupe coloniale. Tout ceci en la présence des notables du coin et de leur invité Otto Abetz (ambassadeur d’Allemagne à Paris). La musique était écrite et composée par Lewin18.

Les décors retrouvés au Florida peuvent-ils avoir été créés dans ces conditions ? Des indices convergent en faveur de cette hypothèse sans toutefois permettre de conclusions fermes. D’une part, la matérialité même des décors semble indiquer des conditions d’exécution difficiles et un manque de matériaux. D’autre part, la création artistique et plus particulièrement théâtrale et musicale est bien attestée au sein du camp et du gte 302. Mais à qui attribuer plus particulièrement la paternité de ces décors ? Pourrait-il s’agir de l’œuvre d’un artiste espagnol du camp comme le laisse supposer le décor n° 5 « paysage méditerranéen » [Figure. 14] ? Mais bien d’autres artistes étrangers ont transité par le camp de Judes. Le programme de la soirée de gala donnée le 6 juin 1942 à l’initiative du capitaine Prévôt a été conservé [Figure. 15]. Il s’avère pour le moins hétéroclite. Au côté d’œuvres patriotiques et sérieuses, comme Le Baiser au drapeau de François Coppée, Le Faucheur basque d’Edmond Rostand, ou Les Paysans du montalbanais Armand Saintis, figurent également des classiques de l’opéra-bouffe et de l’opérette avec Orphée aux Enfers d’Offenbach et La Veuve joyeuse de Franz Lehàr. S’y ajoutent des créations d’artistes internés dont les titres laissent présager le caractère léger : La 3e girl de droite, Suzy !!… ainsi que des intermèdes comiques comme Mimile, dans son répertoire, Black outs « Blagues vivantes » ou Terre « L’homme le plus fort du monde ». Cette ambiance festive contraste drastiquement avec les dures conditions de vie d’un camp de travail forcé. Ce type de « distractions » au sein d’un camp d’internement peut paraître surprenant de prime abord. Il n’en est rien. Dès la Première Guerre mondiale, des spectacles avaient été montés dans des camps de prisonniers alliés, tel celui évoqué dans « la Grande Illusion ». Durant le second conflit mondial, de tels moments existent dans des camps de prisonniers de guerre ou dans des camps de concentration19. Germaine Tillon crée une opérette à Ravensbrück ; Charlotte Delbo monte le Malade imaginaire à Raïsko, camp annexe d’Auschwitz ; les enfants de Bergen‑Belsen répètent en secret un spectacle pour leurs mères, donné le 20 août 194420. Nombre de témoignages montrent la nécessité pour les détenus d’oublier ainsi leurs conditions et de redevenir l’espace d’un instant des êtres humains, en mal de plaisir et d’évasion, tout en résistant à l’oppresseur. Il est cependant délicat d’affirmer que les décors conservés à Septfonds sont bien ceux réalisés pour cette soirée de gala de juin 1942. En effet, il est difficile de faire concorder les paysages ou intérieurs représentés avec les pièces théâtrales ou musicales identifiables dans le programme, sauf peut-être les décors n° 2, n° 9 et n° 10. Le contenu de certaines de ces pièces nous reste d’ailleurs inconnu, notamment les créations du compositeur interné H. Letton. D’autres représentations théâtrales ont pu cependant être données dans le camp. Par ailleurs, l’étude diagnostique de 2020 a permis de mettre en évidence un certain nombre d’inscriptions sur les tasseaux de bois des décors semblant correspondre au titre ou au sujet de la pièce de théâtre qu’ils devaient illustrer. Si la plupart sont très vagues (« palais », « forêt », « entrée château », « intérieur avec cheminée »…), d’autres sont plus précis et ne concordent pas avec le programme de la soirée de gala de 1942 : « Suisse (montagne) », « Blanche-Neige », « Paysage méditerranéen ». Il faut cependant considérer ces inscriptions avec prudence, car elles ont pu être ajoutées postérieurement et sans connaissance précise du sujet d’origine, comme pourraient le laisser penser certaines inscriptions sous forme d’interrogations : « Palais – Mur ? », « Palais – Mur avec fenêtre ? ». Par ailleurs, si tous les décors du Florida sont bien l’œuvre d’un seul et même artiste, comme on tend à le penser, ils ne peuvent pas avoir tous servi pour cette soirée de gala puisque trois artistes différents sont cités sur le programme comme auteurs des décors : Roempler, Mendelsohn, Wollheim. Il est cependant possible qu’ils puissent être l’œuvre de l’un d’entre eux.

Figure 14.

Figure 14.

Décor n° 5 dit « Paysage méditerranéen ».

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 15.

Figure 15.

Programme de la soirée de gala du 6 juin 1942.

La vie de Johan W. Roempler, artiste allemand né en 1889, est peu connue. Fuyant le régime nazi, il se réfugie en France en 1938 et se retrouve interné au sein du gte 302 en 1941. Il échappa à la déportation et il continua à peindre à Paris jusqu’à sa mort en 1967, signant ses œuvres sous le pseudonyme de Jever. Sa production d’après-guerre étant essentiellement abstraite, des comparaisons avec les décors du Florida s’avèrent difficiles. Une de ses aquarelles représentant le camp de Septfonds a toutefois été conservée [Figure. 16]. De Martin Mendelsohn, qui semble avoir assuré la direction artistique de cette soirée de gala, on ne sait guère plus. Rolf Frank relate qu’il fut interné lui aussi dans le gte 302 en 1941-1942 et qu’il aurait échappé aux déportations. Doté d’un solide coup de crayon, il croqua certains membres du commandement du camp et camarades d’internement [Figures. 17 et 18). En revanche, Gert Heinrich Wollheim est un peintre allemand reconnu dont l’œuvre a fait l’objet de plusieurs expositions dans les années 199021.

Figure 16.

Figure 16.

Vue du camp de Septfonds, aquarelle de J. W. Roempler, 1941. Collection J.‑M. Labarta.

Figure 17.

Figure 17.

Caricature de deux personnels administratifs du camp par M. Mendelsohn, 1942. Collection J.‑M. Labarta.

Figure 18.

Figure 18.

Caricature de Gert Wollheim par M. Mendelsohn. Collection J.‑M. Labarta.

Wollheim est né à Loschwitz, près de Dresde, en 1894. Fils d’un riche industriel juif, formé à l’École des beaux-arts de Weimar, il a vingt ans lorsqu’il part au front lors de la Première Guerre mondiale. Il y sera blessé au ventre et gardera de cette expérience un antimilitarisme qui imprégnera longtemps son œuvre. Entre 1919 et 1924, il vit à Düsseldorf où il côtoie des artistes comme Otto Pankok, Max Ernst ou Otto Dix, et participe au groupe d’avant-garde Das Junge Rheinland, marqué par l’expressionnisme et le mouvement de la Nouvelle Objectivité. C’est à Berlin qu’il rencontre la danseuse Tatiana Barbakoff, qui devient sa compagne. Persécutés par le régime nazi, ils quittent l’Allemagne en 1933 et s’exilent à Paris où ils participent à l’intense activité d’un milieu artistique toujours plus cosmopolite. Tandis que Wollheim expose en France, trois de ses œuvres sont exhibées par les nazis dans l’exposition de l’Art dégénéré organisée en 1937.

La Seconde Guerre mondiale inaugure pour Wollheim une période extrêmement sombre. En 1939, il est interné à Vierzon puis en 1940 à Ruchard en tant qu’« étranger prestataire ». Démobilisé à Montauban en septembre, il est arrêté en novembre et conduit à Gurs, avant d’être intégré au camp de Septfonds comme travailleur étranger en janvier 1941 [Figure. 16). Il y restera jusqu’en août 1942. À Gurs et Septfonds, malgré la misère et le travail forcé, il continue de créer avec les moyens du bord, produisant notamment une série de petits dessins, les Miniatures, sur des bouts de papier. Il écrit également le manuscrit d’un texte théorique explicitant sa vision de la peinture 660 Ideen zur Malerei (660 idées sur la peinture). Le témoignage d’un Allemand évadé du camp au moment des déportations en 1942 concorde et confirme la présence dans le camp de Wollheim ainsi que d’autres artistes d’origine allemande :

Devenue le gte 302 en janvier 41, notre unité a été transférée à Septfonds. (…) Il y eut quantité de gens éminents : Letton, un musicien renommé, Gert Wollheim, un peintre de réputation internationale, Mendelssohn [sic], un chansonnier de la belle époque d Leipzig, des historiens, des professeurs d’université22.

Wollheim reste dix‑huit mois à Septfonds avant de s’enfuir au mois d’août 1942 pour échapper aux déportations. Muni de faux papiers, après un séjour à Cayriech, près du camp, il rallie Nay dans les Pyrénées et y retrouve sa compagne Tatiana. Vivant dans la clandestinité, en France puis en Suisse, il s’exile aux États-Unis dès la fin de la guerre. Tatiana Barbakoff, elle, mourut à Auschwitz. Wollheim, devenu citoyen américain, terminera ses jours à New York où il décédera en 1974.

Les liens de Gert Wollheim avec le théâtre sont étroits, et ce dès le début de sa carrière. Parallèlement à sa production peinte, il écrivit en effet des pièces dans la première moitié des années 1920, influencées par le courant anarchiste et imprégnées d’antimilitarisme. Sa première, intitulée Theaterstück im Freien (Pièce de théâtre au grand air), fut jouée à Düsseldorf en 1921 dans un décor naturel, sans coulisse, la scène étant visible de tous côtés. En 1924, sa pièce Der Staatsanwalt (Le Procureur) intègre le public comme auditoire. Bien intégré dans le milieu de la création théâtrale, à Düsseldorf puis à Berlin, Wollheim réalisa d’ailleurs plusieurs portraits d’acteurs de son temps, comme Max Pallenberg, Maria Orska ou Heinrich George. Si aucun décor de théâtre réalisé par Gert Wollheim n’est connu, certains détails et caractéristiques stylistiques des décors de Septfonds peuvent présenter des analogies avec son œuvre ou sa vie. Ainsi le décor n° 1 avec sa terrasse de bord de mer et le décor n° 2 avec son portique rappellent-ils une Scène antique peinte par lui en 191223. La création rejoint la réalité dans le décor n° 1. En effet, en mars 1927, Wollheim voyage à Majorque où il accompagne sa galeriste Johanna Ey avec d’autres artistes. La petite troupe s’installe dans une maison en bord de mer, à El Arenal. Une photographie montre l’artiste peignant devant la mer, des bateaux de croisière passant au loin24. La similitude du paysage qu’il peint et celle du décor n° 1 est saisissante. A-t-il pu se souvenir de la baie de Palma trente ans plus tard, peignant ces décors sur papier kraft alors qu’il est en détention ?

État de conservation et perspectives de restauration

Les décors, retrouvés roulés autour de leurs tasseaux [Figure. 19], sont aujourd’hui dans un état d’empoussièrement et d’encrassement avancé souligné par l’étude diagnostique de 2020. Les grands formats ont particulièrement souffert et présentent d’importantes déformations ayant entraîné des déchirures du papier, des plis, gondolements et froissements qui, combinés à un taux d’humidité élevé, ont entraîné une détérioration de la couche picturale elle-même, en partie soulevée, déplaquée voire pulvérulente à certains endroits. Si les conditions de stockage des décors sont à incriminer, il faut prendre en compte également la technique employée pour les créer. Les tasseaux cloués posent problème. Les extrémités des petits formats sont punaisées sur le bois, les pointes trop longues repliées. En rouillant, elles altèrent le papier. Par ailleurs, tasseaux et pointes génèrent des contraintes mécaniques (déchirures et plis) sur les décors. Ces altérations ont été aggravées par des manipulations d’usage répétées, mais aussi par des consolidations incessantes et peu soignées au dos des panneaux. Pour renforcer les bords les plus fragiles et les zones déchirées, des morceaux de toile et de papier kraft ont en effet été collés sur les revers. Cette colle, parfois traversante et rigidifiant peu à peu le papier à l’emplacement des consolidations, a entraîné des différences de tensions préjudiciables à la conservation du support. Par ailleurs, les décors ont été réalisés sans considération des propriétés physiques du papier kraft employé. Des plis et froissements sont aujourd’hui perceptibles au niveau des zones de collage : joints des feuilles, consolidations au dos. La toile utilisée se dilate en effet différemment du papier kraft qu’elle consolide. Méconnaissance des propriétés physiques du papier, ou négligence de la part du ou des auteurs des décors ? Il y a fort à parier que ces considérations qui nous préoccupent aujourd’hui ne les aient pas effleurés : l’état de finition et de présentation de ces décors sont secondaires car ils étaient censés être perçus à plusieurs mètres de distance. Mais ces questions de présentation prennent une nouvelle importance aujourd’hui, alors que ces décors sont en passe de devenir des objets d’exposition.

Figure 19.

Figure 19.

Stockage des décors dans l’usine désaffectée Décalux en 2017.

Photographie Emmanuel Moureau, 2017.

Forte des conclusions de cette étude, la mairie de Septfonds étudie actuellement avec la conservation régionale des monuments historiques différentes possibilités pour améliorer les conditions de conservation des décors, d’ores et déjà été placés dans des tubes de pvc pour les protéger des coups et de la poussière. Avant d’envisager une restauration, il faut stopper leur dégradation par des mesures conservatoires préventives et curatives. Un décrassage, un traitement des moisissures, un refixage de la couche picturale et une consolidation des supports s’imposent. Si les pièces anciennes au revers sont sources de dégradations, il paraît néanmoins important de les conserver. Elles font en effet partie de l’histoire des décors et témoignent de leur utilisation passée, et les plis et froissements qu’elles ont générés sont de toute manières irrattrapables. En revanche, le retrait des tasseaux de bois est indispensable car source de dégradations actives. Cela permettra de reconditionner les décors sur des supports plus adaptés. Ils devront néanmoins être parfaitement documentés et conservés. La création d’une réserve à l’atmosphère contrôlée, destinée à stocker les pièces ainsi que d’autres œuvres, est actuellement à l’étude. Quant à une possible restauration fondamentale, elle ne pourra qu’être longue, progressive et coûteuse au vu du nombre et de la taille des panneaux. Outre l’amélioration de l’état de présentation des décors, elle devra intégrer la mise en place d’un nouveau système d’accrochage, permettant de rendre compatibles la bonne conservation des objets et leur exposition ponctuelle.

Conclusion

Potentiels témoins du quotidien d’un camp d’internement, les décors de Septfonds font écho à d’autres objets protégés Monuments Historiques chargés de la même histoire, comme le wagon du camp du Vernet (Ariège) ou la baraque du camp de Beaune-la-Rolande, conservée aujourd’hui à Orléans. Dans le corpus des décors de théâtre protégés, les pièces de Septfonds occupent une place à part. Patrimoine fragile voire éphémère, elles pourraient bien illustrer la volonté tenace d’hommes en détention, craignant pour leur vie, qui, malgré les privations et les souffrances tant physiques que morales, s’évadent et résistent grâce au spectacle, à la chanson et à l’humour. Le décor n° 3 [Figure. 20] résume en lui-même ce paradoxe : un paysage idyllique avec une rivière – le Daudou et la campagne septfontoise ? – entouré de barbelés. Leur pérennisation par le biais de mesures de conservation-restauration, et leur valorisation en tant qu’objets d’exposition, bien que contradictoires avec leur usage initial, relèvent alors du devoir de mémoire.

1 On recense neuf œuvres d’artistes internés espagnols à Septfonds, toutes protégées au titre des monuments historiques : huit toiles conservées à la

2 Témoignage oral recueilli par Margot Nicolle, responsable de la Mounière, Maison des mémoires de Septfonds.

3 Retirada, l’exil des républicains espagnols en Tarn-et-Garonne, Montauban, Conseil général de Tarn‑et‑Garonne, 2009, p. 28‑29.

4 Toutes les traductions sont des auteurs sauf mention contraire.

5 N. Mariot et C. Zalc, Face à la persécution. 991 juifs dans la guerre, Paris, Odile Jacob – Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 2010, p. 73.

6 Ibid., p. 74.

7 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 216.

8 Ibid.

9 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 8.

10 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 12.

11 Ibid., p. 245.

12 Ibid.

13 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 15.

14 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 22.

15 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 245.

16 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 314.

17 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 312.

18 Témoignage d’un ancien interné du gte 302, Rolf Frank transmis par sa petite-fille Nathalie Frank.

19 Claire Audhuy, Le théâtre dans les camps nazis : réalités, enjeux et postérité, thèse de doctorat en arts, université de Strasbourg, 2013.

20 Claire Audhuy, ibid.

21 Toutes les informations biographiques suivantes sont tirées du catalogue d’exposition dirigé par Stephan von Wiese, Gert H. Wollheim 1894-1974

22 Témoignage de Charles Weglein recueilli par Peter Gaida en 2002, dans son livre Camps de travail sous Vichy : les Groupes de travailleurs

23 Œuvre conservée dans une collection privée.

24 Photographie publiée dans Stephan von Wiese, Gert H. Wollheim 1894-1974, Monographie und Werkverzeichnis, Düsseldorf im Ehrenhof, Wienand Verlag

Bibliographie

Claire Audhuy, Le théâtre dans les camps nazis : réalités, enjeux et postérité, thèse de doctorat en arts, université de Strasbourg, 2013.

Geneviève Dreyfus-Armand, Septfonds 1939-1944 dans l’archipel des camps français, Perpignan, Le Revenant, 2019.

Peter Gaida, Camps de travail sous Vichy : les Groupes de travailleurs étrangers (gte) en France et en Afrique du Nord, 1940-1944, Lulu Press, 2014.

N. Mariot et C. Zalc, Face à la persécution. 991 juifs dans la guerre, Paris, Odile Jacob – Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 2010.

Retirada, l’exil des républicains espagnols en Tarn-et-Garonne, Montauban, Conseil général de Tarn‑et‑Garonne, 2009.

Stephan von Wiese (dir.), Gert H. Wollheim 1894-1974, Monographie und Werkverzeichnis, cat. exp. (Düsseldorf, Kunstmuseum im Ehrenhof, Berlin, Grundkreditbank), Cologne, Wienand Verlag, 1993.

Notes

1 On recense neuf œuvres d’artistes internés espagnols à Septfonds, toutes protégées au titre des monuments historiques : huit toiles conservées à la mairie (L’Arrivée des réfugiés espagnols au camp de Septfonds, Portrait de Robespierre, Les tailleurs de pierre, Portrait de Lafayette, La Marseillaise, Portrait de Danton par Joseph Ponti ; Les métiers de la paille et La Prise de la Bastille par Salvador Soria) et un immense chemin de croix en deux panneaux de 8 et 11 mètres de long conservé dans l’église du village, œuvre de Bonaventura Trepat Samarra et Joseph Marti Aleu.

2 Témoignage oral recueilli par Margot Nicolle, responsable de la Mounière, Maison des mémoires de Septfonds.

3 Retirada, l’exil des républicains espagnols en Tarn-et-Garonne, Montauban, Conseil général de Tarn‑et‑Garonne, 2009, p. 28‑29.

4 Toutes les traductions sont des auteurs sauf mention contraire.

5 N. Mariot et C. Zalc, Face à la persécution. 991 juifs dans la guerre, Paris, Odile Jacob – Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 2010, p. 73.

6 Ibid., p. 74.

7 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 216.

8 Ibid.

9 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 8.

10 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 12.

11 Ibid., p. 245.

12 Ibid.

13 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 15.

14 Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 6 j 22.

15 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 245.

16 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 314.

17 Geneviève Dreyfus-Armand, op. cit., p. 312.

18 Témoignage d’un ancien interné du gte 302, Rolf Frank transmis par sa petite-fille Nathalie Frank.

19 Claire Audhuy, Le théâtre dans les camps nazis : réalités, enjeux et postérité, thèse de doctorat en arts, université de Strasbourg, 2013.

20 Claire Audhuy, ibid.

21 Toutes les informations biographiques suivantes sont tirées du catalogue d’exposition dirigé par Stephan von Wiese, Gert H. Wollheim 1894-1974, Monographie und Werkverzeichnis, Düsseldorf im .Ehrenhof, Wienand Verlag, 1993.

22 Témoignage de Charles Weglein recueilli par Peter Gaida en 2002, dans son livre Camps de travail sous Vichy : les Groupes de travailleurs étrangers (gte) en France et en Afrique du Nord, 1940-1944, Lulu Press, 2014.

23 Œuvre conservée dans une collection privée.

24 Photographie publiée dans Stephan von Wiese, Gert H. Wollheim 1894-1974, Monographie und Werkverzeichnis, Düsseldorf im Ehrenhof, Wienand Verlag, 1993.

Illustrations

Figure 1.

Figure 1.

Photographies Jean‑François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 2.

Figure 2.

Détail du système d’accrochage par tasseau de bois.

Photographie Eric Ouley, 2020.

Figure 3.

Figure 3.

L’avenue de Caussade à Septfonds en 1908. Carte postale ancienne sur le site Delcampe.net.

Figure 4.

Figure 4.

Décor petit format représentant un alignement de pots en terre, inachevé.

Photographie Eric Ouley, 2020.

Figure 5.

Figure 5.

Détail du branchage cousu en partie basse du décor n° 3.

Photographie Eric Ouley, 2020.

Figure 20.

Figure 20.

Décor n° 3.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 6.

Figure 6.

Détail du décor n° 1.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 7.

Figure 7.

Détail du décor n° 3.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 8.

Figure 8.

Détail du décor n° 4.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 9.

Figure 9.

Détail du décor n° 10.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 10.

Figure 10.

Détail du décor n° 6.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 11.

Figure 11.

Détail du décor n° 8.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 12.

Figure 12.

Détail du décor n° 10.

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 13.

Figure 13.

Décor n° 4 dit « Suisse (montagnes) ».

Photographie Jean‑François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 14.

Figure 14.

Décor n° 5 dit « Paysage méditerranéen ».

Photographie Jean-François Peiré, drac Occitanie, 2019.

Figure 15.

Figure 15.

Programme de la soirée de gala du 6 juin 1942.

Figure 16.

Figure 16.

Vue du camp de Septfonds, aquarelle de J. W. Roempler, 1941. Collection J.‑M. Labarta.

Figure 17.

Figure 17.

Caricature de deux personnels administratifs du camp par M. Mendelsohn, 1942. Collection J.‑M. Labarta.

Figure 18.

Figure 18.

Caricature de Gert Wollheim par M. Mendelsohn. Collection J.‑M. Labarta.

Figure 19.

Figure 19.

Stockage des décors dans l’usine désaffectée Décalux en 2017.

Photographie Emmanuel Moureau, 2017.

Citer cet article

Référence électronique

Emmanuel Moureau et Manon Vidal, « Monter sur les planches entre les barbelés : les décors de théâtre de Septfonds (Tarn-et-Garonne) », Déméter [En ligne], 6 | Été | 2021, mis en ligne le 01 septembre 2021, consulté le 23 mai 2024. URL : https://www.peren-revues.fr/demeter/425

Auteurs

Emmanuel Moureau

Emmanuel Moureau est docteur en histoire de l’art, chargé de protection pour l'Ariège, le Gers et le Lot, conservateur des antiquités et objets d'art de Tarn‑et‑Garonne et président de l'acaoaf.

Manon Vidal

Manon Vidal est archiviste-paléographe et conservatrice des monuments historiques pour le Lot, le Tarn-et-Garonne et les Hautes-Pyrénées, drac Occitanie – Conservation régionale des affaires culturelles (site de Toulouse).

Droits d'auteur

CC-BY-NC