Îlot de chaleur urbain, plan climat et prévention des canicules urbaines

  • Urban heat island, climate plan and urban heat waves prevention

p. 89-95

Abstracts

Dans un contexte général de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), en cohérence avec le Plan Climat National et le Protocole de Kyoto et depuis la loi Grenelle 2, de nombreuses collectivités territoriales (communes, intercommunalités, départements, régions) mettent en place des Plans climat-énergie territoriaux (PCET). Ce type de plan est un projet territorial de développement durable axé sur la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses effets. Le processus d’urbanisation engendre des modifications importantes au niveau de la nature de la surface et des propriétés atmosphériques de la ville. En effet, plus un territoire d’une zone agglomérée densément urbanisée est étendu, plus ce territoire peut stocker l’énergie solaire et la restituer sous forme de chaleur. La modification la plus notable du climat urbain est l’apparition d’un écart de température entre les zones urbaines et les zones rurales environnantes. Ce phénomène est appelé « îlot de chaleur urbain » (ICU). L’ICU se traduit en altitude, dans l’après-midi, par une couche limite urbaine (CLU) plus chaude et plus épaisse que celle des zones environnantes. Cette stratification inhabituelle de l’atmosphère urbaine influence la concentration et la dispersion des polluants émis dans l’air [Pigeon et al., 2008]. La CLU prend la forme d’un dôme ou d’un panache poussé par les vents. Des épisodes de températures moyennes très élevées pendant plusieurs jours consécutifs en situation météorologique anticyclonique sont appelés vagues de chaleur ou périodes de canicule. Une des conséquences directes de ces canicules sur la population est l’impact sanitaire provoquant l’augmentation de la mortalité due à l’excès de chaleur (hyperthermie), à certaines maladies liées à la qualité de l’air (maladies respiratoires, asthme, etc.), aux maladies cardio-vasculaires. En août 2003, l’Europe de l’Ouest a connu une vague exceptionnelle de chaleur, tant sur le plan de la durée, de l’intensité, de l’extension géographique que sur celui de l’impact sanitaire. En France, suite à cet épisode cani culaire, l’État a mis en place un Plan national canicule (PNC) inclus dans le Plan climat-énergie territorial (PCET), dans le but de définir les actions de court et moyen termes dans le cadre de la prévention et de la gestion de crise, comprenant plusieurs mesures de prévention et un système d’alerte visant à réduire les risques liés à des températures élevées.

In a general context of greenhouse gas (GHG) emissions reduction, in coherence with the National Climate Plan and the Kyoto Protocol and following the Grenelle 2 legislation, most French territorial structures (communal, intercommunal, départements, regions) have set up Territorial Energy-Climate Plans. Such plans are considered as sustainable development territorial projects based on climate mitigation and adaptation. The urbanization process induces radical changes in surface and atmospheric properties of cities. Thus, the more urbanized is a territorial area, the more it can store solar energy and restitute it as warming. The main modification of urban climate is typically higher temperatures than the surrounding suburban or rural areas, a phenomenon known as “urban heat island” (UHI). UHI also modifies the vertical structure of the atmosphere. In the afternoon, the most striking property of the urban boundary layer (UBL) is its temperature and thickness increases compared to the rural boundary layer. This unusual atmospheric stratification over urban areas and their surroundings influences the dispersion of pollutants emitted in the air [Pigeon et al., 2008]. The UBL takes the shape of a dome or a plume driven by winds. Episodes of extremely hot mean temperatures for several consecutive days, particularly under anticyclonic weather conditions, are called heat waves. The impact of heat waves on populations is a public health threat causing increased mortality, mostly due to ambient excess heat exposure (hyperthermia), diseases related to air quality (respiratory diseases, asthma, etc.), cardiovascular diseases. In August 2003, Western Europe experienced an exceptional heat wave in its duration, intensity, geographic extent and health impact. In France, since the 2003 heat-wave, several preventive measures and a warning system aiming at reducing risks related to high temperatures have been set up by health authorities and institutions. In order to prevent the consequences of a new heat wave, a National Heat Wave Plan, included in the Territorial Energy-Climate Plan, has been set up by the Health General Direction in order to prevent extreme temperatures related risks.

Text

Download Facsimile [PDF, 1,5M]

References

Bibliographical reference

Mireille Lauffenburger, « Îlot de chaleur urbain, plan climat et prévention des canicules urbaines », Pollution atmosphérique, NS 3 | -1, 89-95.

Electronic reference

Mireille Lauffenburger, « Îlot de chaleur urbain, plan climat et prévention des canicules urbaines », Pollution atmosphérique [Online], NS 3 | 2010, Online since 01 novembre 2010, connection on 23 janvier 2026. URL : http://www.peren-revues.fr/pollutionatmospherique/7218

Author

Mireille Lauffenburger

Maître de Conférences de l’université de Nancy 2 – Département de géographie – Campus Lettres et Sciences Humaines, 23, boulevard Albert Ier– BP 13397 – 54015 Nancy Cedex – mireille.lauffenburger@univ-nancy2.fr

Copyright

CC-BY