Amores I, 8 : Quand le poète élégiaque écoute aux portes de la comédie latine...
DOI : 10.54563/mosaique.1672
Abstracts
Dans l'élégie I, 8 des Amours, en adoptant la posture du jeune Philolachès de la Mostellaria de Plaute, Ovide ouvre une porte dans le recueil élégiaque, pour laisser entendre, l'espace de quelques vers, le discours comique. Il signale ainsi l'influence incontestable de la comédie et la présence de Thalie dans l'ensemble des Amours. Mais si Dipsas, « l'assoiffée », apparaît derrière l'un des battants de la porte, c'est que l'autre battant, duplice, cache incontestablement son double propercien, Acanthis, « l'épine ». L'élégie d'Ovide fait résonner en écho celle de Properce, avec laquelle elle joue constamment. Et tout en faisant croire qu'il est la victime du discours corrupteur de la maquerelle, Ovide lui prête, en réalité, sa voix, comme s'il lui soufflait son texte derrière la porte. Finalement, en réécrivant un discours typique de la comédie, cher aussi à ses prédécesseurs dans l'élégie, Ovide énonce ici la recette, l'incantation magique, le carmen qui rend possible la production du poème élégiaque.
In Amores I, 8, Ovid adopts the posture of the young Philolaches in the third scene of Plautus'Mostellaria and opens a door, in the elegiac collection, to suggest, in a few verses, the speech of the comic bawd. He so indicates the indisputable influence of the comedy and the presence of Thalie in the Amores. If Dipsas, "the thirsty", appears behind one of the flaps of the door, the other flap, duplice, hides unmistakably its Propertian double, Acanthis, "the thorn". Ovid's elegy makes resound in echo Propertius's one, and play constantly with it. While persuading that he is the victim of the corrupting speech of the lena, Ovid lends her, in reality, his voice, as if he said the text behind the door. Finally, by rewriting a typical speech of comedy, important also to his predecessors in elegy, Ovid expresses here the recipe, the magic incantation, the carmen which produces the elegiac poem.
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Electronic reference
Déborah Roussel, « Amores I, 8 : Quand le poète élégiaque écoute aux portes de la comédie latine... », Mosaïque [Online], 9 | 2013, Online since 15 juillet 2013, connection on 16 décembre 2025. DOI : 10.54563/mosaique.1672
Author
Déborah Roussel
Agrégée de lettres classiques, docteur en études latines, Déborah Roussel est maître de conférences en langue et littérature latines à l'Université François Rabelais de Tours. Elle appartient à l'équipe de recherche E.A. 6297 : « Interactions culturelles et discursives ». Elle a publié une thèse intitulée Ovide épistolier (Bruxelles : Latomus, 2008). Ses recherches portent sur l'épistolaire antique et la poésie augustéenne à propos desquels elle a publié notamment : « Le triangle amoureux au banquet : réécriture élégiaque d'un motif comique », dans La Théâtralité de l'œuvre ovidienne, Nancy : ADRA, 2009, p. 205- 224 ; « Ovide et l'histoire dans les Tristes et les Pontiques », dans La Présence de l'histoire dans l'épistolaire, Tours : PUFR, 2012, p. 23-41 ; « Description du triomphe et triomphe de la description dans les Tristes et les Pontiques d'Ovide », dans La Trame et le tableau : poétiques et rhétoriques du récit et de la description dans l'Antiquité grecque et latine, Rennes : PUR, La Licorne, n°101, 2012, p. 255-271.
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