Thalie et le perroquet. Le sourire humoristique d’Ovide dans les Amores 2. 6
DOI : 10.54563/mosaique.1680
Abstracts
Dans les Amores 2. 6, Ovide exerce ses talents de parodie sur le perroquet de sa maîtresse, Corinne. La mort du psittacus donne lieu à une réécriture humoristique des chants de deuil homériques, à une adaptation ludique de la rhétorique de la consolatio et à une catabase épico-comique dans « le séjour des oiseaux pieux ». Mais, cette fable amusante est aussi une réflexion sur la poésie définie comme imitation créatrice et nourrie d’humour ; le jeu se fait ici sur les hypotextes virgilien, catullien et callimachéen. Enfin, en rapprochant implicitement le perroquet d’Orphée, Ovide affirme la puissance immortalisante de ses vers vivifiés par le sourire humoristique de Thalie dans le discrédit ironique et anamorphosant de sa propre autorité poétique, siqua fides dubiis…
In his Amores 2.6, Ovid writes a parodical elegy on the dead pet parrot of his mistress, Corinna. Through the psittacus’ death, he humorously rewrites Homeric songs of mourning, rhetorical speeches of consolatio and epic catabasis to the underworld, in a comic “place for pious birds”. But this amusing sketch with its Virgilian, Catullan and Callimachean undertones also speaks of poetry as a creative and humorous imitation. Through the parrot, presented as a winged Orpheus, Ovid claims the poetic immortality of his verses enlivened by the smile of Thalia and by his own ironic and anamorphic distance with the tale he narrates, siqua fides dubiis…
Index
Mots-clés
humour, élégie, imitation, Ovide, perroquet, Amours, anamorphose, Catulle, Callimaque, ThalieText
References
Electronic reference
Christine Kossaifi, « Thalie et le perroquet. Le sourire humoristique d’Ovide dans les Amores 2. 6 », Mosaïque [Online], 9 | 2013, Online since 15 juillet 2013, connection on 15 janvier 2026. DOI : 10.54563/mosaique.1680
Author
Christine Kossaifi
Christine Kossaifi est agrégée de Lettres Classiques et docteur en grec ancien ; elle travaille en collaboration avec le CELIS de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand et s’intéresse aux civilisations grecque, latine et orientale qu’elle aborde parfois dans une perspective comparatiste (Horace et Khâyyam, Rûmî et Leibniz, Théocrite et Oum Kalsoum, Phatta chez Longus et Théocrite) ou diachronique (Vitruve et Rahan). Elle a publié principalement sur les concepts poétiques de divers auteurs, dont Théocrite (sujet de sa thèse) et sur la symbolique des mythes, son domaine de recherches étant surtout la poésie hellénistique, dans sa spécificité et ses réécritures latines ; elle travaille également sur l’épopée gréco-latine et le roman grec (technique narrative et jeux sur les genres) et participe à des dictionnaires littéraires, tout en assurant des comptes-rendus d’ouvrages universitaires pour diverses revues.
Copyright
CC-BY
