Melpomène et Calliope : ennemies ou alliées
DOI : 10.54563/mosaique.495
Abstracts
S’il est vrai que la tragédie a été durablement reconnue comme le genre suprême, elle ne le serait pas devenue sans l’épopée : les scholiastes d’Homère s’accordent avec Aristote pour faire du Poète l’inventeur de la tragédie et de « parties » de celle‐ci qu’il est dès lors moins surprenant de retrouver dans l’épopée. Un cas notable d’inclusion tragique dans l’épique peut être constitué par le récit de messager, pour autant que son influence se fait sentir sur le récit du narrateur épique lui‐ même. Elle peut alors contribuer à l’assimilation de ce narrateur à un héros de tragédie. En voyant toujours plus grand (cf. le héros sénéquien, mais aussi, à l’origine, le maius opus de Virgile), le « je » de la Thébaïde de Stace, par exemple, pourrait témoigner à la fois d’une conscience de la supériorité traditionnellement reconnue à la tragédie sur l’épopée, et d’une volonté de réunir les deux genres en une œuvre résolument supérieure. Au sommet de cette épopée, le récit du duel entre les deux frères semble cependant décerner la victoire à Calliope.
If tragedy was indeed long recognized as the supreme genre, it wouldn’t have obtained such status without epic : scholiasts, since Homer, have agreed with Aristotle to consider the Poet as the inventor of tragedy and of « parts » of it, which are henceforth less surprisingly found into epic. A notable case of tragedy’s inclusion into epic can be constituted by the messenger’s speech, as far as its influence is exerted on the speech of the epic narrator itself. This inclusion can then contribute to assimilate the narrator to a tragic hero. By seeing bigger and bigger (see Seneca’s heroes but also, originally, Virgil’s maius opus), the « I » of Statius’ Thebaid, for example, may reflect both a consciousness of the superiority which tragedy is traditionally recognized to hold over epic, and a willingness to combine both genres into a decidedly superior work. At the top of this epic, the narrative of the duel between the brothers seems, however, to award the victory to Calliope.
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Séverine Clément‐Tarantino, « Melpomène et Calliope : ennemies ou alliées », Mosaïque [Online], 1 | 2009, Online since 01 juin 2009, connection on 09 juin 2026. DOI : 10.54563/mosaique.495
Author
Séverine Clément‐Tarantino
Séverine Clément‐Tarantino est maître de conférences en langue et littérature latines à lʹUniversité Lille 3. Sa thèse de doctorat était consacrée à lʹintertextualité virgilienne, envisagée à partir de lʹétude de la figure de Fama. Ses centres dʹintérêt majeurs sont lʹoeuvre de Virgile et sa réception, lʹépopée gréco‐latine, la tradition du commentaire antique.
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