L’Eurorégion Egrensis : le dépassement d’un passé douloureux ?
DOI : 10.54563/mosaique.662
Abstracts
La chute du Rideau de Fer a amené l’Allemagne à réorganiser ses rapports avec la Pologne et la République tchèque, des pays où vécurent des millions d’Allemands avant d’être expulsés à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les années 90 ont vu fleurir sur sa frontière orientale des eurorégions, espaces et instruments de la coopération transfrontalière. Cet article rend compte d’une étape de nos recherches (2008) dans l’eurorégion Egrensis, qui rassemble dans une même structure des parties de territoire allemand (Bavière, Thuringe, Saxe) et de territoire tchèque (Bohême), un territoire peuplé d’Allemands (Allemands des Sudètes) avant 1945. L’article présente la nature et les objectifs de la coopération transfrontalière telle qu’elle est envisagée par l’eurorégion Egrensis au regard des contraintes économiques, historiques et sociologiques imposées par son cadre géographique. Loin de l’instrumentalisation politique d’une histoire douloureuse, l’eurorégion semble vouloir prouver qu’un autre usage du passé est possible : la création d’un sentiment d’appartenance à un espace commun.
The fall of the Iron Curtain brought Germany to reorganize the relationship with Poland and Czech Republic, countries where millions of Germans lived before they fled or were expelled at the end of the Second World War. Euroregions, the areas and instruments for cross‐border cooperation, flourished in the 90’s on its eastern border. This article is just a stage in our research (2008) into Egrensis Euroregion which brings together parts of German territory (Bavaria, Thuringia, Saxony) and Czech territory (Bohemia), a German populated territory before 1945 (Sudeten Germans). It presents the nature and the aims of the cross‐border cooperation such as it is considered by Egrensis Euroregion, taking into account the economic, historical and sociological constraints imposed by its geographical frame. A thousand miles away from the political instrumentalisation of a painful history, the Euroregion apparently wants to prove that another use of the past is possible: building a spirit of belonging to a common area.
Der Fall des Eisernen Vorhangs führte Deutschland dazu, die Beziehungen zu Polen und der Tschechischen Republik auf einer neuen Basis aufzunehmen, zu Ländern also, aus denen Millionen Deutsche nach dem Zweiten Weltkrieg flohen oder vertrieben wurden. In den 90er Jahren blühten entlang der östlichen Grenze Deutschlands Euroregionen auf, als Werkzeug und Raum der grenzüberschreitenden Zusammenarbeit. Dieses Papier ist ein Etappenbericht (2008) über die Euregio Egrensis, eine Euroregion, die Teile Deutschlands (Bayern, Thüringen, Sachsen) und Teile der Tschechischen Republik (Böhmen, vor 1945 eine von Deutschen bevölkerte Gegend) zusammenbringt. Wesen und Ziele der grenzüberschreitenden Zusammenarbeit werden so dargestellt, wie sie im Hinblick auf die geografisch bedingten wirtschaftlichen, historischen und gesellschaftlichen Belastungen in der Euregio Egrensis konzipiert sind. Weit entfernt von der politischen Instrumentalisierung einer schmerzlichen Geschichte scheint die Euregion beweisen zu wollen, dass ein anderer Gebrauch der Vergangenheit möglich ist: das Gefühl der Zugehörigkeit zu einem gemeinsamen Raum.
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Marie‐Hélène Devemy‐Hiebel, « L’Eurorégion Egrensis : le dépassement d’un passé douloureux ? », Mosaïque [Online], 2 | 2010, Online since 01 janvier 2010, connection on 20 avril 2026. DOI : 10.54563/mosaique.662
Author
Marie‐Hélène Devemy‐Hiebel
Marie‐Hélène Devemy‐Hiebel est professeur agrégé d’allemand et doctorante en études germaniques à l’Université de Lille 3 au laboratoire CECILLE. Elle travaille sur la fuite et l’expulsion des populations allemandes après 1945, le rôle de la mémoire dans la construction de l’identité nationale allemande, les minorités allemandes en Europe de l’Est et du Sud‐Est et le rôle de l’Allemagne dans le processus d’intégration européenne.
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