Traduire (et trahir) le mythe d’Isis dans la Renaissance italienne

  • Translating (and Betraying) the Myth of Isis in the Italian Renaissance

DOI : 10.54563/bdba.2315

p. 155-174

Abstracts

L’article analyse la réinterprétation du mythe d’Isis et d’Osiris dans les traductions latines et vernaculaires de la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile à la Renaissance. Il s’intéresse en particulier à l’influence exercée par la traduction latine de Poggio Bracciolini (et par une erreur textuelle affectant toute la tradition de ce texte) sur deux versions italiennes anonymes de Diodore, ainsi que sur les traductions françaises d’Antoine Macault et anglaise de John Skelton. Enfin, on détecte une trace évidente de l’influence de la version de Bracciolini à propos des dieux égyptiens Isis et Orisis dans le De architectura de Leon Battista Alberti.

The article analyses the re-interpretation undergone by the myth of Isis and Osiris in the Latin and vernacular Renaissance translations of Diodorus’ Bibliotheca historica. In particular, the paper considers the influence exerted by Poggio Bracciolini’s Latin translation (and by a textual error affecting the entire tradition of this text) over two Italian anonymous versions of Diodorus, as well as over the French translation by Antoine Macault and the English translation by John Skelton. Eventually, a clear trace of the influence of Bracciolini’s version as regards the Egyptian gods Isis and Osiris is detected in Leon Battista Alberti’s De architectura.

Excerpt

Parmi les sources grecques classiques qui traitent du mythe d’Isis et d’Osiris, l’une des plus importantes est représentée par la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile, un texte datant du premier siècle avant J.-C. C’est une histoire universelle qui, dans les intentions de son auteur, devait couvrir une période chronologique allant des origines mythiques de l’homme jusqu’à César. Il y avait à l’origine 40 livres, divisés en pentades, mais seuls les livres I-V et XI-XX sont arrivés jusqu’à nous. Ceux qui ont suscité le plus grand intérêt en Occident ont été les cinq premiers, qui ont un contenu mythologique, géographique et ethnographique. En particulier, le premier livre traite des origines mythiques de l’homme en Égypte, de la mythologie, de la théologie, des coutumes et de la géographie de l’Égypte ancienne. C’est dans ce contexte que Diodore consacre dix-huit chapitres, de I, 11 à I, 28, à la description d’Isis et d’Osiris et à la narration de leur mythe.

Comme la plupart d...

References

Bibliographical reference

Cecilia Sideri, « Traduire (et trahir) le mythe d’Isis dans la Renaissance italienne », Bien Dire et Bien Aprandre, HS n°3 | 2025, 155-174.

Electronic reference

Cecilia Sideri, « Traduire (et trahir) le mythe d’Isis dans la Renaissance italienne », Bien Dire et Bien Aprandre [Online], HS n°3 | 2025, Online since 01 octobre 2026, connection on 12 décembre 2025. URL : http://www.peren-revues.fr/bien-dire-et-bien-aprandre/2315

Author

Cecilia Sideri

University of Warwick

Copyright

CC-BY-NC-ND