Pratiques et outils pour la transmission du wallon. Le cas de la Haute École de la ville de Liège

DOI : 10.54563/bdba.2354

p. 29-42

Abstracts

Cet article examine la transmission du wallon dans l’enseignement supérieur, en prenant pour exemple la Haute École de la ville de Liège (H.E.L.). Il rappelle le contexte politique belge et les décrets de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui encadrent la présence des langues régionales. À la H.E.L., la pédagogie du wallon est enseignée via une approche en deux temps : une première année dédiée à la découverte de la langue et de la culture wallonnes par des activités variées, et une seconde axée sur le transfert des savoirs vers les élèves, à travers des projets concrets et une immersion en milieu scolaire. Cependant, la fusion imminente de la H.E.L. avec la Haute École Charlemagne remet en question la pérennité de ces cours. Trois scénarios sont envisagés, allant de la suppression à une généralisation de l’enseignement des langues régionales à l’échelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette évolution soulève une interrogation essentielle : quelle place accorder aux langues régionales endogènes dans le paysage éducatif du XXIe siècle ?

This article examines the transmission of the Walloon language in higher education, using the Haute École de la Ville de Liège (H.E.L.) as a case study. It outlines the Belgian political context and the decrees issued by the Fédération Wallonie-Bruxelles that regulate the presence of regional languages. At H.E.L., Walloon pedagogy is taught through a two-phase approach: the first year focuses on discovering the language and culture through various activities, while the second is dedicated to transferring knowledge to students via concrete projects and hands-on experience in schools. However, the upcoming merger between H.E.L. and Haute École Charlemagne raises concerns about the continuity of these courses. Three possible scenarios are considered, ranging from the discontinuation of Walloon pedagogy to its broader institutionalization across the Fédération Wallonie-Bruxelles. This development prompts a fundamental question: what role should regional languages play in the educational landscape of the 21st century?

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Contexte politique

En Belgique, les compétences liées aux langues et à leur utilisation dépendent des trois communautés linguistiques, entités fédérées plus communément appelées « communauté néerlandophone », « communauté germanophone » et, pour la partie francophone, « communauté française » ou « Fédération Wallonie-Bruxelles » (F.W.B.). Cette dernière, à qui incombe la politique liée aux langues régionales endogènes présentes sur son territoire, a publié, à ce jour, deux décrets relatifs à ces idiomes. Cette fédéralisation des compétences linguistiques explique, en partie, le fait que la Belgique n’a toujours pas, à ce jour, signé ni ratifié la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires. En effet, les communautés ne s’accordent pas, entre autres, sur le statut accordé à ces langues régionales.

Le premier décret, publié en 1983 par la Fédération Wallonie-Bruxelles, portait sur l’enseignement : il s’inspirait d’une loi française, la loi « Deixonne » (1951). Ce décret aut...

References

Bibliographical reference

Romain Berger, « Pratiques et outils pour la transmission du wallon. Le cas de la Haute École de la ville de Liège », Bien Dire et Bien Aprandre, 40 | 2025, 29-42.

Electronic reference

Romain Berger, « Pratiques et outils pour la transmission du wallon. Le cas de la Haute École de la ville de Liège », Bien Dire et Bien Aprandre [Online], 40 | 2025, Online since 31 octobre 2026, connection on 11 août 2026. URL : https://www.peren-revues.fr/bien-dire-et-bien-aprandre/2354

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Romain Berger

Haute École de la Ville de Liège

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CC-BY-NC-ND